(Photo : gracieuseté CISSS des Laurentides)
Marie-Noëlle, directrice de la DPJ des Laurentides.

Bilan annuel des DPJ : « Les enfants sont-ils une priorité dans nos choix de société ? »

Par France Poirier

Dans le cadre du bilan annuel des directions de la protection de la jeunesse (DPJ) et des directeurs provinciaux (DP), déposé le 11 juin, les dirigeants lancent un appel à la réflexion collective : faisons-nous réellement des enfants une priorité dans nos choix de société? Entrevue avec Marie-Noëlle Granger, directrice de la protection de la jeunesse des Laurentides.

Chaque jour, les DPJ-DP interviennent auprès d’enfants et de familles en situation de grande vulnérabilité. Au cours des dernières années, les DPJ-DP ont constaté une complexification des situations et une augmentation importante des besoins, tant chez les jeunes que pour leur famille, et ce, dans un contexte social en profonde transformation.

« Le caractère socio-économique actuel a un impact sur le stress des parents, mais évidemment aussi chez les enfants. Nos familles ont beaucoup de difficultés à arriver. Il y a le volet santé mentale qui s’ajoute à ça, dont l’anxiété, ça cause son lot de stress chez nos familles. On s’aperçoit qu’il faut conjuguer d’importantes interventions auprès des enfants pour tendre à ce qu’ils aient un développement harmonieux », soutient Marie-Noëlle Granger.

Santé mentale fragile chez les jeunes

Dans son bilan, la DPJ souligne que de données récentes témoignent de la fragilité de la santé mentale des jeunes. Plus de la moitié des élèves présentent des signes d’anxiété sociale, une réalité qui influence leur bien-être et leur développement, mais aussi leur réussite scolaire. Parallèlement, le réseau de la santé et des services sociaux ainsi que celui de l’éducation doivent composer avec d’importants défis de capacité et d’adaptation. Les prises en charge tardives amènent une détérioration des situations, nécessitant ultimement des interventions beaucoup plus complexes, peut-on lire dans le bilan.

« La complexité des situations commande de nombreuses autres interventions, ce qui n’est pas simple. On la voit la détérioration de nos situations, on la voit la détérioration de nos familles. On est préoccupé, alors on vient réaffirmer toute l’importance de créer un cercle de bienveillance autour de nos familles, d’aller chercher des services, de travailler en concertation avec les réseaux de la santé, des services sociaux et de l’éducation pour faire en sorte que le cercle soit bien en place pour nos familles », explique Mme Granger.

« On la voit la détérioration de nos situations, on la voit la détérioration de nos familles »

– Marie-Noëlle Granger

Revenir à l’essentiel pour prioriser les enfants

C’est dans ce contexte que des choix difficiles s’imposent pour la société :

  • Investir dans la réponse aux besoins de base comme l’alimentation, le logement et un revenu adéquat;
  • Consolider les services existants;
  • Renforcer les interventions préventives et soutenir les milieux de vie des enfants (école, CPE, etc.).

La stratégie nationale pour la protection de l’enfance, Grandir en confiance, propose des orientations qui vont en ce sens et interpelle la population afin que la protection des enfants soit une responsabilité collective.

Les DPJ-DP rappellent que chaque décision compte. Qu’il soit question d’éducation, de santé, d’économie, de logement ou de politiques sociales, le bien-être des enfants doit demeurer une considération centrale.

Statistiques régionales 2025-2026 – Laurentides

  • 15 159 signalements traités concernant 10 779 enfants, soit 8,3 % des enfants âgés de 0 à 17 ans vivant dans les Laurentides. Il s’agit d’une baisse de 2,1 % des signalements par rapport à l’an dernier;
  • De ces 15 159 signalements, moins du tiers ont été retenus pour une évaluation approfondie par la DPJ des Laurentides (25,4 %), ce qui concerne 3 492 enfants;
  • 60,8 % des enfants pris en charge par la DPJ des Laurentides sont demeurés dans leur milieu familial. À cela s’ajoutent les enfants confiés à des tiers (personnes significatives pour l’enfant) (11,1 %);
  • 901 adolescents ont reçu des services dans le cadre de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA), ce qui représente une baisse de 2,1 % par rapport à l’an dernier.

Pour consulter le Bilan annuel complet des directrices et directeurs de la protection de la jeunesse/directrices et directeurs provinciaux 2025-2026, veuillez visiter le site santelaurentides.gouv.qc.ca, section À propos de nous/Documentation/Rapports annuels.

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