| Par lpbw

Voilà Joséphine Bacon !

POÉSIE. « Je rêve d’un seul récit qui dicterait sans faute toute une vie vécue », écrit la poétesse Joséphine Bacon dans son dernier recueil «Un thé dans la toundra/Nipishapui nete mushuat (2013)». La poétesse, conteuse et réalisatrice innue, originaire de Pessamit, sera des nôtres les 24 et 28 mars prochain dans le cadre de la Semaine de poésie des Laurentides, sous le thème « Capteur de rêves et poésie autochtone »

Elle reviendra tout juste de France, du Printemps des poètes, où elle aura été partager et parler de sa poésie.

Les mots nomades

Joséphine Bacon nous livre une poésie inspirée par le nomadisme et le territoire. « Les rivières, la toundra, tout ce qui a un rapport avec la terre, les aînés, les vieux, je puise ma poésie dans tout ce qu’ils m’ont raconté », nous dit-elle. Pour la poétesse, écrire c’est marcher dans la mémoire, « la mémoire et non la nostalgie! »

Comment lui viennent les mots ? « Par des images, et toujours cette mémoire… « Comme j’habite Montréal, je retourne souvent dans ma mémoire pour réentendre les mots des aînés, leurs récits, tout ce qu’ils me racontaient. Je me ferme les yeux et je me retrouve sur le territoire. Je vois des lacs, les rivières, qui étaient pour nous comme des autoroutes, nous confie-t-elle rappelant : on s’appelle Innus (êtres humains). On s’identifie par les rivières, qu’on utilise pour rejoindre les territoires…»

Elle nous raconte que son dernier recueil, un Thé dans la toundra lui a été inspiré par un chasseur : « Je suis allée à la chasse au caribou avec lui. Et ça a été extraordinaire de se retrouver dans la toundra. L’horizon t’entoure, rien n’est étouffant. Tu vois partout où que tu regardes, l’horizon est là avec des images brisées soit par une montagne, une grosse roche ou un tapis de lichen, des caribous que l’on voit au loin…»

Joséphine Bacon va à l’essentiel : « On n’a pas besoin de parler longtemps, nous dit-elle en rigolant lors de notre entrevue. C’est comme ma poésie. Ce n’est jamais de long poème. Il ne suffit pas d’avoir deux pages de poèmes pour dire ce qu’on trouve beau, ce qu’on ressent, nos émotions, nos sentiments, nos souvenirs, notre mémoire. Ça peut prendre juste trois lignes!»

« C’est aller tout de suite là on l’on veut que les gens ressentent quelque chose, mais qu’ils t’accompagnent dans les mots que tu leur écris. Voilà !»

Le Centre international de poésie des Laurentides et l’Association des auteurs des Laurentides présenteront la cinquième édition de la Semaine de poésie des Laurentides, sous le thème Capteur de rêves et poésie autochtone, du 21 au 28 mars, dans les villes de Sainte-Adèle, Sainte-Thérèse, Saint-Eustache, Saint-Jérôme et Val-David.

Joséphine Bacon recevra l’hommage de Claudine Thibodeau sur des musiques d’Yves Choquette le mardi 24 mars à Saint-Eustache. Le public pourra ensuite échanger avec Joséphine qui revient d’un festival de poésie à Lyon en France. À 19 h à la Bibliothèque Guy-Bélisle.

Natasha Kanapé Fontaine mêle sa voix à celle de Joséphine Bacon le samedi 28 mars À Val-David. Leur prestation sera suivie d’échanges avec le public. À 14 h au Centre d’exposition de Val-David

Info au www.a-a-l.ca/

Joséphine Bacon

Joséphine Bacon, poétesse, conteuse et réalisatrice innue originaire de Pessamit près de Baie-Comeau, est reconnue comme une auteure phare au Québec. Parolière et auteure des textes d’enchaînement du spectacle de Chloé Sainte-Marie Nitshisseniten e tshissenitamin (« Je sais que tu sais »), la vision poétique de Joséphine Bacon se reflète aussi dans les courts-métrages et les émissions de télévision qu’elle a réalisés avec les productions Manitu.

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