(Photo : Manoushka Larouche)
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Nikak tagocniok : Les outardes arrivent au Théâtre Gilles-Vigneault

Par Marie-Catherine Goudreau

Du 11 au 16 avril, c’est la première édition de Nikak tagocniok (les outardes arrivent). Ce festival des arts vivants autochtones aura lieu au Théâtre Gilles-Vigneault. Durant six jours, le TGV présentera des spectacles de danse, de théâtre et de musique, ainsi que des ateliers participatifs.

« On recevait déjà dans la programmation des artistes autochtones, mais j’avais envie qu’on amplifie davantage leur voix. On s’est dit : »Prenons une semaine, et donnons-leur le lieu, invitons-les à prendre possession du théâtre» », explique Émilie Gauvin, adjointe à la direction générale et artistique au Théâtre Gilles-Vigneault. Elle a donc invité Catherine Dagenais-Savard, artiste wendat et québécoise en arts vivants, et Ivanie Aubin-Malo, artiste wolastoq et québécoise en danse, à être commissaires de ce festival. Ce sont elles qui ont choisi les artistes et toute la programmation.

« La programmation répond à un désir commun chez les artistes autochtones de tisser des liens sous le couvert de l’art et de le partager avec des personnes curieuses. Nous vous invitons donc à venir célébrer le pré-printemps et à parcourir, ensemble, le territoire. »

– Catherine Dagenais-Savard et Ivanie Aubin-Malo, commissaires du festival.

Souligner le pré-printemps

Le titre du festival, Nikak tagocniok, est plein de sens pour les commissaires. Celles-ci ont passé des moments avec Joan Wabanonik, une aînée de la communauté du Lac-Simon, qui ont nourrit leur réflexion. « Catherine et moi avions le désir de reconnaître le territoire Anishnabe sur le lequel se trouve le TGV. Nous voulions aussi reconnaître la saison dans laquelle le festival a lieu : le pré-printemps », explique Ivanie.

Puis, à travers les récits de Joan, celle-ci a souligné que l’arrivée des outardes est l’un des moments les plus marquants du pré-printemps. Elle leur a aussi parlé du mode de vie traditionnelle des Anishnabe ainsi que de certains rituels de cette saison. « On voulait que la programmation soit ancrée à ça et au mouvement du territoire », ajoute-t-elle.

« Les outardes sont un symbole de collaboration. Elles voyagent ensemble et travaillent ensemble. Il y a un sentiment d’effervescence quand les outardes arrivent et s’installent sur les rivières », raconte Ivanie. Par ailleurs, le festival a été pensé comme un parcours. Comme les outardes sont nomades et se promènent sur le territoire, chaque évènement permettra aux participants « d’être enrichis et d’avoir plus de connaissances pour le prochain voyage artistique », rapporte la commissaire.

« À travers ce festival, on parvient à faire en sorte que les gens se rencontrent réellement et autrement : par le coeur », souligne Émilie Gauvin. Le TGV souhaite d’ailleurs que le festival revienne tous les deux ans.

Programmation

En ouverture et en fermeture du festival des arts vivants autochtones, il y aura des activités de médiation. La première est une activité immersive. « En nous mettant un moment à la place des premiers peuples, peut-être pourrons-nous ressentir ce que c’est que d’être autochtone aujourd’hui ? Peut-être pourrons-nous échanger sur la réalité autochtone dans une perspective renouvelée ? », peut-on lire dans la description.

Le mercredi 12 avril, le TGV présentera Danseurs du ciel. Cette pièce raconte l’effondrement d’un pont entre les rives sud et nord du fleuve Saint-Laurent. Cette catastrophe a tué 33 ouvriers et travailleurs de la communauté mohawk de Kahnawake.

Sandrine Masse sera en spectacle le vendredi soir.

Le jeudi 13 avril, ce sera au tour de Jocelyn Sioui de faire un spectacle documentaire sur l’histoire de son grand-oncle. Mononk Jules est « drôle, touchant, énergique » et « un récit captivant livré avec authenticité ».

Ensuite, plusieurs artistes de la relève fouleront les planches du théâtre pour une soirée toute en musique. Sandrine Masse, Joseph Sarenhes et Craig Commanda feront partie du spectacle.

Le dernier spectacle aura lieu le samedi 15 avril. Utei : Récit d’un survivant est « une expérience théâtrale engagée, ancrée dans une oralité propre à la culture des Premières Nations ». Omer St-Onge y racontera notamment sa vision du monde.

Durant le festival, les artistes partageront des récits autant historiques que personnels. « Le processus de partager ces histoires, ce n’est pas de les garder et qu’elles amènent une lourdeur. C’est plutôt de les laisser aller », souligne Ivanie.

Enfin, le festival sera clôturé avec la Journée de l’envol. À travers des conférences, ce sera l’occasion d’échanger avec des artistes autochtones de diverses nations, générations et pratiques artistiques. Puis, les artistes et les participants pourront ensuite participer à un atelier de danse contemporaine, guidé par James Viveiros. Ce dernier est artiste en danse d’origine crie, métisse et portugaise.


Pour en savoir sur Nikak tagocniok et vous procurez des billets, rendez-vous sur le site web du Théâtre Gilles-Vigneault.

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