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La tradition derrière l'engouement pour Twilight

Le vampire -Anthologie des textes fondateurs, l’ouvrage que viennent de lancer les deux auteurs Annik-Corona Ouellette et Alain Vézina au Cégep de Saint-Jérôme est destiné avant tout au public collégial et universitaire pour étudier la littérature romantique, mais il s’adresse également aux lecteurs férus de littérature vampiriques.

De Goethe à Stoker, en passant par Mérimée et Byron, les principales œuvres qui ont abordé ce thème fantastique au 19e siècle se retrouvent dans cette mini anthologie de textes littéraires avec pour les vampires pour thème.

Revenir aux sources

Parmi tous les êtres de légende, le vampire hante l’imaginaire des humains plus encore que le loup-garou. Le vampire, créature légendaire, ce mort-vivant qui se nourrit du sang des vivants afin d’en tirer sa force vitale fascine et inspire depuis longtemps écrivains et scénaristes.

Les thèmes qu’il incarne sont nombreux et vont de la nuit, à la peur, le sang vital, la vie et la mort, l’âme, l’attirance et la répulsion, l’érotisme et l’amour impossible. Si l’on pense à Twilight, La Saga du désir interdit, une série de romans de Stephenie Meyer, il reste que le Dracula de Bram Stoker (paru en 1897) nourrit encore l’imaginaire.

Constituant la forme ultime de la domination ou du parasitisme le vampirisme se prête en effet à de nombreuses interprétations véhiculées entre autres par la littérature dont des textes « fondateurs » sont répertoriés dans cet ouvrage.

On y retrouve des œuvres comme « La Morte amoureuse » une nouvelle fantastique de Théophile Gautier parue en 1836, ou le poème « Les métamorphoses du vampire » de Baudelaire.

Annik-Corona Ouellette explique : « Il y a un engouement actuellement pour les vampires et la littérature fantastique en général. On a voulu montrer qu’il y avait toute une histoire, une tradition folklorique derrière tout ce qui se fait aujourd’hui et que, souvent, c’est occulté, c’est oublié. On revient à la tradition et aux meilleurs textes qui soient. On veut montrer que sur les vampires ont déjà des ancêtres. On trouvait que ça manquait sur le marché. »

« Les vampires, c’est très à la mode avec Twilight et les séries télévisées comme True Blood. On trouvait important que les gens de tout âge qui regarde ces nouvelles adaptations connaissent les sources du thème, d’où ça part, revenir aux sources avec les premiers écrivains et auteurs », renchérit Alain Vézina

Fascination intemporelle

Les deux auteurs, Annik-Corona Ouellette et Alain Vézina, tous deux professeurs au Cégep de Saint-Jérôme, Mme Ouellette en littérature, M.Vézina en cinéma et journalisme écrivent sur la quatrième de couverture: « Être complexe qui à la fois fascine et répugne, le vampire traverse les époques sans se démoder. S’affranchissant des limites de la condition humaine, libre de toute entrave morale, il personnifie la subversion. Son existence même contredit l’inéluctabilité de la mort et du retour à la poussière primordiale. Né du croisement du folklore et la littérature romantique, le vampire a d’abord été ce mort-vivant que la soif du sang pousse à s’extirper du tombeau. Sous la plume d’écrivains comme Goethe ou encore Théophile Gauthier, c’est son ardent désir d’être aimé qui explique sa présence parmi les vivants. D’autres auteurs tels Dumas, Mérimée, Hoffmann, Byron, Baudelaire, Le Fanu et, bien sûr Bram Stoker ont contribué à façonner les multiples traits de cette créature qui focalise en elle nos angoisses et nos désirs les plus inavouables. Même s’il en est dépourvu, le vampire permet bien étrangement de mieux connaître l’être humain. »

Un ouvrage paru chez Beauchemin dans la collection " Parcours d’un thème " sous la direction de Michel Laurin.

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