Crédit : Simon Cordeau
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Merci la vie rouvrira : « Le « nous » est plus fort que tout »

Par Simon Cordeau

La boulangerie et restaurant Merci la vie, à Piedmont, est fermée temporairement. Depuis quatre semaines, Johanne Martineau et Albert Elbilia travaillent d’arrache-pied pour sauver leur commerce après un « sinistre majeur ». Mais grâce au soutien et au dévouement de leur équipe, et surtout grâce à l’amour et à la générosité de la communauté, ils espèrent rouvrir aussi tôt que le 7 septembre.

« Le 30 juillet, un peu avant la fermeture, vers 16 h, on était en rencontre, Albert et moi. Notre chef Nicolas frappe à la porte : « Urgence ! Il y a un problème au sous-sol ! » », raconte Johanne. Un violent refoulement d’égout est en train de les inonder.

Le désastre

Le sous-sol de Merci la vie n’est pas qu’une cave, explique Johanne. « C’est un laboratoire où toute la fabrication se fait. Les pâtes, les croissants, les viennoiseries, la préparation de la cuisine : c’est le coeur même des opérations de Merci la vie. » S’y trouvent aussi tout l’inventaire et les bureaux d’administration. « Tout ça a été gravement affecté. »

Le commerce est raccordé à des égouts sous pression. « C’est particulier ici, sur la rue du Pont », indique la copropriétaire. Ça et la proximité de la rivière du Nord font en sorte qu’ils ne sont pas assurés en cas d’inondations. « On a fait des installations en fonction de ça, pour être protégés. Mais c’est hors du commun ce qui est arrivé. La hauteur des jets qui sortaient de chacun des drains du sous-sol ! Ç’a monté à une vitesse fulgurante. Et ç’a levé d’à peu près un pied d’eau partout », raconte-t-elle.

L’épreuve

Immédiatement, toute l’équipe se mobilise pour mitiger les dégâts, sortir les documents importants et sauver ce qui peut l’être. « On est vraiment choyés, Albert et moi. Ce sont des humains d’exception. Tout le monde s’est organisé. On voit que c’est une famille habituée de travailler ensemble et de collaborer. »

Le soir même, ils doivent pomper toute l’eau à l’extérieur. « Ç’a été jusqu’à 4 h dans la nuit. De mémoire, ce sont 50 000 litres d’eaux usées qu’on a pompé des laboratoires. » Après, il fallait sortir tous les équipements. Ils ont dû jeter tout leur inventaire, sans exception. Puis il fallait tout arracher et désinfecter, encore et encore, avant de tout rebâtir, des murs au plancher.

Comme ils ne sont pas assurés, ils ont considéré sérieusement mettre la clé dans la porte, confie Johanne. « C’est une grosse pente à remonter. Et ce n’est pas la première qu’on vit. » Une panne de courant les avait forcés à fermer les 23 et 24 décembre et à rembourser tout le monde, donne-t-elle en exemple parmi d’autres.

L’amour

C’est le support et l’amour de leur équipe et de la communauté qui les ont convaincu de continuer. Des citoyens et des entrepreneurs ont offert leur aide et leurs services. « Il y a aussi la communauté artistique qui se mobilise. Le Patriote nous offre leur théâtre pour une levée de fonds. Elle aura lieu le 13 septembre à 19 h.  Il y aura un spectacle avec Emmanuel Bilodeau, et d’autres artistes veulent se greffer à lui. Tous les fonds vont pour nous aider à passer à travers le sinistre », souligne Johanne.

Albert avoue qu’accepter tout cet amour a été difficile, alors qu’il est plutôt habitué de donner. « Ça touchait mon ego, ma fierté. Tu ne veux pas sentir que tu fais pitié. C’est la dernière chose que je veux ressentir. Mais ce n’est pas ça. Ce sont vraiment les gens qui nous apprécient », indique-t-il. « Nous avons des anges gardiens. La communauté, ça existe encore. […] Le « nous » est plus fort que tout », illustre Johanne.

Si les progrès se poursuivent, Merci la vie souhaite rouvrir le 7 septembre prochain, cinq semaines après le sinistre.

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