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La reconnaissance: l’enjeu des organismes communautaires

Par Simon Cordeau

Si les organismes communautaires, leur travail et leurs services avaient une meilleure reconnaissance, tout le monde y gagnerait, explique Violaine Guérin, coordonnatrice du Conseil régional de développement social des Laurentides (CRDSL).

Par les gouvernements

Avec la pandémie, les différents paliers de gouvernement ont réalisé l’importance des organismes et de leur rôle, se réjouit Mme Guérin. « On voit une plus grande reconnaissance du milieu municipal. La pandémie a amené un espace de concertation. » Les municipalités collaborent davantage et sont plus sensibilisées au travail fait par les organismes. Mme Guérin nuance toutefois que cela est « à géométrie variable » et varie selon les municipalités et les MRC.

Aussi, la reconnaissance est surtout verbale, « mais pas encore financière ». La coordonnatrice convient que les municipalités ont peu de fonds et de temps pour soutenir les organismes communautaires. Mais il y a tout de même quelques enveloppes disponibles, comme le Fonds régions et ruralité, sur lequel les MRC ont de l’influence.

Bien que ponctuelle, l’aide d’urgence des gouvernements fédéral et provincial, durant la pandémie, a permis aux organismes de s’adapter. « Même si le financement s’est arrêté, ils ont pu acheter du nouveau matériel informatique pour offrir des services en ligne, et réaménager des espaces de travail pour y tenir des activités en toute sécurité », illustre Mme Guérin.

Par la population

Mais pour que les organismes remplissent leur rôle, encore faut-il que la population connaisse les services auxquels elle a accès. « C’est toujours ça l’enjeu : la communication et la visibilité des organismes. »

À la suite d’un sondage auprès des organismes, le CRDSL a constaté que les gens ne s’intéressent aux services offerts que lorsqu’ils en ont vraiment besoin. « Par exemple, les proches aidants n’iront pas vers un service de répit tant qu’ils ne sont pas au bout du rouleau. Une maman ne cherchera pas une maison de la famille tant qu’elle ne se sentira pas isolée ou dépassée », déplore Mme Guérin.

Pourtant, les gens bénéficieraient d’aller chercher du soutien avant. Cela leur éviterait de se retrouver dans une situation d’urgence, qui nécessite plus de ressources et une intervention plus soutenue. Connaître les ressources d’avance peut donc améliorer notre qualité de vie et nous donner des outils, même si on n’en a pas immédiatement besoin, soutient la coordonnatrice.

Mme Guérin croit cependant qu’il revient aux organismes de communiquer de manière plus efficace. « Il faut identifier nos publics cibles, à qui on veut s’adresser et ce qu’ils ont de particulier. » Cela permet de personnaliser le message et, ainsi, de mieux rejoindre son public.

Par la communauté

Les organismes participent aussi au développement social des communautés : un des axes du développement durable dont la valeur est mal reconnue, regrette Mme Guérin. « Un pays, un gouvernement, une ville ou un territoire ne peut pas avoir une économie viable si l’ensemble de sa population n’a pas les conditions de base pour être en mesure de jouer son rôle au sein de la société », explique-t-elle.

Le développement social, c’est s’assurer que l’environnement est attractif et sain pour l’épanouissement de chacun. Cela passe par la sécurité alimentaire, l’éducation et la persévérance scolaire, la condition féminine, l’accès au logement, du transport efficace, des emplois disponibles, etc. Aussi, ces enjeux changent selon les différentes réalités de la région, que l’on soit en milieu rural ou urbain, bien nanti ou avec des finances précaires, que l’on fait face à des problèmes de santé mentale ou non, etc. Les évènements de la vie, d’une rupture difficile à une perte d’emploi, peuvent aussi fragiliser la situation d’un citoyen.

C’est pourquoi il faut un filet social large et résilient. Parce qu’un citoyen qui obtient l’aide dont il a besoin contribue à la société et, donc, à la richesse collective, soutient Mme Guérin.

Par les autres organismes

Il est donc important pour les organismes de travailler ensemble, en concertation et en coordination. « Ce qu’on vise, c’est de mettre tout le monde en interaction : que tout le monde se parle, se connaisse et travaille en collaboration. Quand on met notre expertise en commun, notre réponse est plus efficace », plaide la coordonnatrice.

Les organismes sont nombreux sur le territoire. Parfois, leurs missions se chevauchent. Mais s’ils se concertent, cela favorise la cohérence et la complémentarité des services. « Il faut s’informer mutuellement de ce qu’on fait, pour éviter les dédoublements de services. » En plus d’orienter les citoyens vers les bons organismes, cette reconnaissance mutuelle permet de détecter les vides de services. « S’il manque quelque chose, on peut s’asseoir ensemble et voir comment on est capables de l’offrir, en collaborant. »

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