Passerelle Lyla : un nouveau filet pour les jeunes de la région
L’organisme Grands Frères Grandes Sœurs de la Porte du Nord a dévoilé son tout nouveau programme : la Passerelle Lyla, une initiative destinée aux jeunes placés âgés de 6 à 14 ans. Ce service vient combler un vide important dans l’offre actuelle de mentorat et d’accompagnement jeunesse.
Présente à la tête de l’organisme depuis deux ans, la directrice générale Lynn Aubertin a livré un témoignage empreint d’émotion. Ancienne gestionnaire du milieu bancaire, elle a choisi de réorienter sa vie après le décès de sa fille de 17 ans en 2022.
« Je ne peux pas changer le passé, mais je peux choisir ce que j’en fais. Aujourd’hui, j’ai choisi d’en faire un engagement », a-t-elle confié devant les invités.
Accompagner les jeunes
Pour Mme Aubertin, la mission de l’organisme repose sur une conviction simple : la présence d’un adulte significatif peut transformer le parcours d’un jeune. « Les jeunes sont seuls. Il y a beaucoup d’anxiété, beaucoup de situations familiales complexes. Mettre un adulte significatif dans leur vie, ce n’est ni l’école, ni un psychologue, ni un intervenant. C’est différent », explique-t-elle en entrevue avec Le Nord.
Jusqu’ici, les programmes existants permettaient d’accompagner les jeunes de familles monoparentales ou vivant certaines difficultés, ainsi que les adolescents de 14 à 21 ans pris en charge par la DPJ. Or, aucun service n’était spécifiquement prévu pour les enfants placés de 6 à 14 ans. « On recevait des demandes, mais on ne pouvait pas répondre », résume la directrice générale.
Créer des liens
La Passerelle Lyla vise donc à offrir à ces enfants un mentor bénévole, jumelé avec eux pour quelques heures à la fois. Sorties, activités simples, moments d’écoute : l’objectif est de créer un lien stable et bienveillant. « Pour un jeune qui n’est jamais sorti de son centre jeunesse depuis des années, aller prendre un café ou faire une activité avec son mentor, c’est le bonheur total », raconte Mme Aubertin.
Par ailleurs, le projet a pu voir le jour grâce au soutien financier d’une fondation privée des Laurentides qui a choisi de demeurer anonyme. L’organisme espère rejoindre au moins une cinquantaine de jeunes d’ici la fin de l’année.
Au-delà du mentorat, la Passerelle Lyla se veut un pont vers l’avenir. Elle permettra éventuellement à ces jeunes de poursuivre leur cheminement dans les autres programmes jusqu’à l’âge adulte. « On veut qu’il y ait une continuité. Idéalement, on aimerait que cette personne reste dans leur vie longtemps », souligne Lynn Aubertin.