Simonne Groleau : distribuer du bonheur, une crème glacée à la fois
À seulement 18 ans, Simonne Groleau partage son temps entre ses études collégiales en sciences de la nature et la gestion du CIME comptoir glacé, une crémerie saisonnière installée à Prévost. Un projet lancé alors qu’elle n’avait que 17 ans, à la suite d’un travail scolaire devenu réalité.
L’idée du comptoir glacé était depuis longtemps dans sa tête… et dans celle de sa mère. « On est quand même des fans de crème glacée », raconte-t-elle en entrevue. En constatant le peu d’options dans son secteur, la jeune entrepreneure a voulu créer une expérience différente, inspirée notamment de certaines crémeries montréalaises.
C’est finalement dans le cadre de son projet personnel de secondaire 5 qu’elle développe un véritable plan d’affaires : études de marché, budget, concept, projections financières. « Rendu là, je me suis dit : je vais juste me lancer dedans », explique-t-elle.
Installée dans un conteneur aménagé avec l’aide de sa famille, la crémerie connaît rapidement une certaine popularité. Sa mère, déjà entrepreneure, l’accompagne notamment dans les aspects administratifs, tandis que son père, qui travaille dans le domaine de la construction, a participé à l’aménagement du local.
Étudiante l’hiver, entrepreneure l’été
Pendant l’année scolaire, Simonne Groleau se considère d’abord comme une étudiante. Mais dès le printemps, la crémerie reprend toute la place. « Je veux quand même me donner à 100 % dans ma crémerie », affirme-t-elle.
L’ouverture de la saison demande plusieurs semaines de préparation. Dès le mois de mars, elle recommence à penser à la gestion, aux commandes, aux recettes et à l’organisation générale. Même durant l’hiver, l’entreprise reste présente dans son quotidien.
« Dès que je vois quelque chose qui m’intéresse, je le garde en note », dit-elle. Le travail saisonnier impose aussi son propre rythme. L’été devient une période intensive où tout doit être concentré sur quelques mois seulement.
« Tu ne peux pas te permettre de ne pas donner ton 100 %, parce que l’été n’est pas très long », résume-t-elle. L’entrepreneure affirme avoir développé une bonne discipline grâce à son parcours d’étudiante-athlète. Habituée à jongler entre les études, les sports et le travail, elle mise beaucoup sur l’organisation et les routines pour réussir à tout concilier.
Des semaines de 75 heures
La haute saison peut toutefois devenir exigeante. L’été dernier, Simonne Groleau estime avoir travaillé jusqu’à 75 heures par semaine à certains moments, notamment durant les vacances de la construction, lorsque plusieurs employés étaient absents. « Il ne reste vraiment plus beaucoup de temps », reconnaît-elle.
Malgré tout, elle dit apprécier l’ambiance particulière du travail dans une crémerie. Servir des familles et des groupes d’amis contribue, selon elle, à rendre les longues journées plus légères. « C’est rare que tu sers de la crème glacée à quelqu’un qui n’est pas de bonne humeur », lance-t-elle en riant.
Même si cette expérience lui a ouvert de nouvelles perspectives, la jeune femme ne sait pas encore exactement vers quoi elle se dirigera plus tard. Avant de lancer son entreprise, elle envisageait plutôt une carrière dans le domaine de la santé.
Aujourd’hui, elle garde plusieurs portes ouvertes. Elle souhaite continuer à faire grandir le CIME comptoir glacé, tout en poursuivant ses études. À d’autres jeunes qui voudraient se lancer en affaires, elle conseille surtout de bien s’entourer et de persévérer.
« Il faut pousser jusqu’au bout. Tu ne peux pas juste lancer quelque chose dans les airs puis espérer que ça te revienne », conclut-elle.