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On craint pour la survie des CLSC

Par lpbw

LAURENTIDES. L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) du CISSS des Laurentides s’inquiète du transfert annoncé de plus de 40 professionnels vers les groupes de médecine familiale (GMF) de la région.

«Il s’agit d’un pas supplémentaire vers la privatisation du réseau de la santé et des services sociaux, selon Marie-Ève Meilleur, répondante politique pour l’APTS du CISSS des Laurentides. Les GMF sont des entités privées, gérées par des médecins et financées par les fonds publics.»

Les plus vulnérables touchés

Elle ajoute que les intervenants, qui seront transférés sous peu, ont des charges de travail. «Qu’adviendra-t-il de leur clientèle? Nous craignons que cette migration forcée des professionnelles vers les GMF se traduise par un abandon des missions essentielles des CLSC, soit des interventions curatives de première ligne, de même que la prévention et la santé publique, entre autres.»

Les personnes les plus vulnérables seront encore les grandes perdantes puisqu’elles devront attendre plus longtemps pour recevoir des services, selon elle. «En outre, les CLSC offrent des services à domicile, à l’école ou sur le lieu de travail contrairement aux GMF qui nous ramènent à un modèle hospitalo-centrique, explique Mme Meilleur. Qui plus est, les GMF peuvent imposer des frais accessoires alors que les mêmes services sont offerts gratuitement en CLSC. Des patients, qui recevaient des services sans frais, devront sortir désormais leur porte-monnaie. Les médecins, administrateurs des GMF n’hésiteront pas à facturer leurs patients pour couvrir supposément leurs frais.»

Le gouvernement offre un autre avantage non négligeable aux médecins propriétaires: toutes les professionnelles qui s’absentent devront être remplacées. «Les établissements publics n’ont jamais eu droit à ce privilège, dénonce-t-elle. En CLSC par exemple, des postes peuvent demeurer vacants pendant des mois voire des années. C’est du deux poids, deux mesures.»

Pour l’APTS, les CLSC deviendront vite des coquilles vides s’ils ne reçoivent pas de budget supplémentaire. «Le ministre ne s’y prendrait pas autrement pour étouffer les CLSC. Encore une fois, on déshabille Pierre pour habiller Paul, et ce, au profit des médecins. Dans ce contexte d’austérité budgétaire, il est clair qu’il y aura des pertes de services et d’expertises en CLSC pour la région.»

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