(Photo : Cabinet du maire)

Tribunal spécialisé à Saint-Jérôme : 365 dossiers de violence conjugale en 2025

Par Alexane Taillon-Thiffeault

Le gouvernement du Québec a confirmé l’implantation d’un Tribunal spécialisé en matière de violence sexuelle et conjugale à Saint-Jérôme, une annonce saluée par le maire de la ville, Rémi Barbeau.

Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, le maire a indiqué avoir assisté à l’annonce au palais de justice de Saint-Jérôme en compagnie du ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, et du député de Rousseau, Louis-Charles Thouin.

Selon les données dévoilées par la Ville, le Service de police de Saint-Jérôme a traité 365 dossiers de violence conjugale en 2025, soit en moyenne un dossier par jour. À cela s’ajoutent 212 dossiers d’agressions sexuelles, ce qui représente environ quatre cas par semaine.

« Derrière ces chiffres, il y a des personnes de chez nous qui vivent des situations extrêmement difficiles », a écrit le maire, soulignant également le travail des organismes communautaires, des maisons d’hébergement, des intervenants et des policiers qui accompagnent les victimes.

Le Tribunal spécialisé en matière de violence sexuelle et conjugale vise notamment à offrir un accompagnement mieux adapté aux victimes tout au long du processus judiciaire. Québec affirme vouloir mettre en place une approche davantage centrée sur les besoins des personnes touchées, avec une expertise spécialisée au sein du système de justice.

Le projet découle d’une réforme amorcée en 2021 à la suite des recommandations du comité d’experts sur l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale. Plusieurs districts judiciaires au Québec ont déjà commencé à implanter ce type de tribunal.

Dans la foulée de la loi Gabie Renaud

Cette annonce survient alors que Québec a récemment présenté le projet de loi surnommé « loi Gabie Renaud », visant à mieux protéger les victimes de violence conjugale et à prévenir les féminicides.

Le nom de cette loi rend hommage à Gabie Renaud, une femme de Saint-Jérôme tuée en 2022 dans un contexte de violence conjugale alléguée. Son décès avait profondément marqué la région et relancé les discussions sur les mécanismes de protection des victimes à risque élevé.

Le projet de loi prévoit notamment un meilleur partage d’information entre les différents intervenants du système judiciaire et les corps policiers lorsqu’une personne représente un danger pour un partenaire ou un ex-partenaire.

Dès l’âge de 14 ans, une personne pourra donc faire une demande de renseignements à la Sûreté du Québec à propos d’un ou d’une partenaire de 18 ans et plus avec qui elle a une relation conjugale, sentimentale ou sexuelle, afin de connaître son passé et savoir si cette personne a des antécédents.

Pour le maire Rémi Barbeau, l’arrivée du tribunal spécialisé à Saint-Jérôme représente « une justice plus humaine » et une avancée importante pour les victimes de la région.

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