| Par France Poirier

Leur parcours pour trouver leur identité

SOCIÉTÉ. Clément, est un jeune trans de 21 ans, a accepté de témoigner de son parcours sur sa transition de fille à garçon ainsi que Lou 56 ans, qui après avoir été mère, a fait une transition de femme à homme.

Clément avait besoin de trouver son identité et a 19 ans lorsqu’il a entendu parler des trans, il a compris que c’était sa réalité, mais le chemin n’a pas toujours été facile pour celui qui a entrepris sa transition qui l’a fait passer de Chloé à Clément. Il a commencé à prendre des hormones il y a sept mois.

Accompagnement difficile

Même si aujourd’hui, il a trouvé des professionnels compétents pour l’accompagner, il nous  rappelle que les préjugés et les stigmas associés au trans sont encore trop présents dans le milieu de la santé, mais aussi de l’éducation. «La sexologue que je payais au privé pour devoir obtenir mes papiers de changement de sexe ne cessait de me mégenrer (mégenrer signifie «mal genré»). «Quand je lui ai demandé pourquoi elle me parlait au féminin, elle m’a répondu : parce que tu n’as pas l’air d’un garçon !»

Malgré les défis et le peu de ressources dans les Laurentides, Clément souhaite lancer un message positif : «Même si ce n’est pas toujours facile, on peut avoir une vie heureuse et avec un chum ou une blonde et même des enfants. Clément remercie ses parents pour le soutien, mais aussi son employeur, la ville de Blainville qui a su s’ajuster dans sa transition identitaire au travail. Le Cégep de Saint-Jérôme a aussi facilité sa transition en lui permettant de demeurer aux résidences des filles avec ses colocs qui ont bien accepté cette transition.

Les alliés

«J’aurais aimé avoir accès à des alliés durant les moments difficiles, mais j’ai eu la chance de trouver le Centre Sida Amitié. L’équipe m’a accompagné vers d’autres services adaptés !». Selon lui, le projet <@Ri>Les alliés<@$p> aidera plusieurs personnes qui se posent des questions ou qui vivent des difficultés liées à leur identité de genre ou leur orientation sexuelle.

«L’homophobie ça fait mal», soutient Nicolas Courcy qui a lui-même vécu de l’intimidation et de la violence à l’école à cause de son orientation sexuelle. Pour lui, l’homophobie désigne la peur ou la haine que certaines personnes éprouvent envers les homosexuels et les personnes trans. Ces situations sont souvent représentées par des préjugés, de l’intimidation, de la violence, de la discrimination ou du rejet trop présents dans nos différents milieux. Les actes homophobes et transphobes n’affectent pas seulement les personnes issues de minorités sexuelles, mais aussi les personnes possédant des caractéristiques souvent associées à celles-ci.

Lou 56 ans et trois enfants

Lou, qui vivait jusqu’à il y a deux ans dans un corps de femme et était dans une relation homosexuelle, a eu trois filles, dont le père est un ami. Lou a découvert qu’il n’était pas dans le bon corps lorsqu’il a eu un cancer du sein et qu’il a reçu l’appel pour la reconstruction mammaire. «J’ai réalisé que je ne voulais pas avoir de seins que je me sentais mieux sans, puisque je me définissais plus comme un homme».

C’est à partir de là qu’il a commencé sa transition. «Même si j’ai été "heureuse" de porter et d’allaiter mes enfants, je me sens mieux en homme. Pour mes enfants, ça varie. Ma plus vieille est contente pour moi, ma deuxième a dit "c’est bizarre parce que tu étais la plus féminine des lesbiennes". Finalement pour ma plus jeune, je deviens "papa". Pour Lou, c’est correct. L’important c’est que chacun se sente bien.

 

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