L’Accord des Laurentides : des municipalités et des MRC se regroupent pour la qualité de vie
Par France Poirier
Pour la première fois, des élu(e)s de toute une région s’engagent à travailler ensemble pour protéger la nature et l’eau, améliorer la qualité de vie de leurs citoyens et s’entraider tout au long du processus.
Réunis le 26 octobre dernier à Sainte-Agathe-des-Monts dans le cadre du premier Sommet des Laurentides, ce sont plus de 50 municipalités et MRC qui ont adhéré à l’Accord des Laurentides.
De Mirabel à Mont-Laurier, les élu(e)s ont démontré du leadership municipal. Ils se sont engagés à unir leurs efforts, à s’appuyer sur la science et à partager leurs pratiques phares pour livrer l’action concrète qu’attendent leurs citoyens. Chaque municipalité décidera ensuite de ses propres engagements, selon leurs réalités, leurs forces et leurs capacités. Pour les élu(e)s de la région, l’Accord ouvre la voie à la collaboration, fondée sur l’entraide entre voisins.
« On travaille ensemble depuis longtemps, et aujourd’hui, on l’écrit noir sur blanc. Les efforts d’une ville portent mieux quand ils s’arriment à ceux de ses voisins, qu’on parle de transport, de protection de la nature et de l’eau, d’adaptation aux changements climatiques ou d’économie. Avec l’Accord, on arrête de travailler chacun dans son coin : quand une municipalité trouve une solution qui fonctionne pour ses lacs ou ses déplacements, les 50 autres peuvent s’en inspirer, la copier et aller plus loin, ensemble », déclarent Rémi Barbeau, maire de Saint-Jérôme, et Karine Dostie, mairesse de Wentworth-Nord et préfète suppléante de la MRC des Pays-d’en-Haut, tous deux sont membres du comité directeur du Sommet des Laurentides.
Une première au Québec
C’est à l’hiver 2025 que des élus municipaux ont amorcé une démarche. Celle-ci s’est échelonnée sur presqu’un an de concertation. Le texte a circulé auprès des élu(e)s, qui l’ont commenté et enrichi. Les adhérents partagent une vision et des valeurs communes telles que le leadership, la recherche de résultats, la collaboration, la science et l’ambition.
« Toutes les municipalités et MRC des Laurentides, petites ou grandes, sont les bienvenues dans la démarche. Un village de quelques centaines d’habitants n’a pas les mêmes moyens qu’une ville, mais il fait face aux mêmes inondations, aux mêmes routes à entretenir et aux mêmes milieux naturels à protéger. On a besoin de tout le monde pour avancer. Les clés de l’Accord des Laurentides, ce sont l’ambition, pour viser plus haut ensemble, et le partage : de l’expertise, des outils et des solutions qui ont fait leurs preuves ailleurs dans la région », ont déclaré Frédéric Broué, maire de la Ville de Sainte-Agathe-des-Monts, et Marie-Élaine Pitre, mairesse de la Ville de Rosemère, également membres du comité directeur.
Le Sommet deviendra un rendez-vous annuel pour échanger leurs bonnes pratiques ainsi que pour prendre de nouveaux engagements. Ils demandent aussi aux gouvernements du Québec et du Canada de soutenir leur démarche par leurs outils budgétaires, fiscaux et réglementaires.
On débute avec quatre chantiers
Les municipalités ont déjà retenu quatre premiers chantiers d’action : la protection et la mise en valeur de l’eau et des écosystèmes naturels; la mobilité durable; l’économie sociale et la gestion des matières résiduelles; et la résilience des milieux de vie. Dans chacun de ces chantiers, elles ont commencé à répertorier les politiques, les règlements et les façons de faire qui fonctionnent déjà, ici ou ailleurs.
« Les acteurs locaux sont les mieux placés pour transformer la science en action. Ce qu’on voit aujourd’hui, ce sont des gens qui connaissent leur territoire, leur monde et ce qui fonctionne chez eux. En se regroupant, ils proposent une façon d’agir pour le climat et la nature adaptée à la réalité de leur région, portée par des leaders locaux capables de rallier leur communauté. Les Laurentides démontrent que cette action ancrée dans le local, c’est possible », indiquent les deux coprésidents du Sommet, Jérôme Dupras, scientifique en chef du Québec, et Agnès Grondin, ex-députée d’Argenteuil.