Un livre pour préserver la mémoire ferroviaire
C’est dans un lieu hautement symbolique, l’ancienne gare de Saint-Jérôme, qu’a été lancé le livre Du chemin de fer au parc linéaire du P’tit Train du Nord (1850-1996) – Une mobilisation régionale pour sauver les gares et l’emprise ferroviaire des Laurentides, de l’historien Richard Lagrange.
L’ouvrage retrace les décennies de mobilisation citoyenne et politique qui ont permis de préserver une partie importante du patrimoine ferroviaire de la région.
Publié par Histoire et Archives Laurentides, le livre revient sur les événements qui ont mené à la sauvegarde de dix gares et à la transformation de l’ancienne emprise ferroviaire en parc linéaire. Son lancement coïncide d’ailleurs avec le 30e anniversaire du P’tit Train du Nord, devenu aujourd’hui l’un des symboles touristiques et récréatifs des Laurentides.
Un devoir de mémoire
Pour Richard Lagrange, qui a lui-même participé aux efforts de sauvegarde du patrimoine ferroviaire, l’écriture de cet ouvrage représente bien plus qu’un simple travail de recherche historique. « C’est un livre qui [représente] une partie de ma vie », a-t-il confié, ému, devant les nombreux élus, citoyens et acteurs de la mobilisation réunis pour l’occasion.

L’historien explique avoir consacré deux années à la rédaction du livre, en consultant de nombreuses archives et en reconstituant les différentes étapes de cette mobilisation régionale. Son principal défi était de raconter objectivement une histoire dans laquelle il avait lui-même joué un rôle. « Ce n’est pas seulement un parc linéaire dont on parle. Il faut parler de ce qui existait avant le parc linéaire pour comprendre le fil conducteur de tout ça », a-t-il expliqué.
L’auteur souhaitait notamment mettre en lumière les centaines de citoyens, de bénévoles, d’organismes et de décideurs qui ont contribué à la réalisation du projet.
Une mobilisation qui a changé l’histoire
Au cours de la conférence, plusieurs acteurs de l’époque ont partagé leurs souvenirs des nombreuses démarches entreprises pour sauver les gares et préserver l’emprise ferroviaire.
Diane Ouellet, qui a dirigé le Conseil de la culture des Laurentides de 1988 à 2000, a notamment rappelé les multiples déplacements à Québec, les rencontres avec les ministres et les démarches de financement nécessaires à la réussite du projet.
Michel De Bellefeuille, ancien gestionnaire au Canadien Pacifique, est quant à lui revenu sur les discussions entourant l’avenir des terrains ferroviaires après l’abandon du service. Sans l’intervention des organismes régionaux et des municipalités, l’emprise aurait pu être vendue en plusieurs parcelles, compromettant ainsi la création d’un corridor continu.
On a également raconté les premières démarches entreprises à L’Annonciation, aujourd’hui Rivière-Rouge, où la mobilisation s’est intensifiée au milieu des années 1980 devant la menace de démolition de la gare. En 1987, une entente avec le Canadien Pacifique a notamment permis d’envisager son utilisation à des fins publiques et culturelles.
Un patrimoine toujours vivant0.
Présent au lancement, le maire de Saint-Jérôme, Rémi Barbeau, a souligné l’importance qu’occupe aujourd’hui le P’tit Train du Nord dans la vie quotidienne de la population des Laurentides. Bien que les trains ne circulent plus sur l’ancien tracé, celui-ci demeure un lieu de rassemblement pour les sportifs, les familles et les amateurs de plein air.
De son côté, le préfet de la MRC de La Rivière-du-Nord et maire de Saint-Colomban, Xavier-Antoine Lalande, a rappelé que le parc constitue un exemple remarquable de collaboration régionale. Il a également insisté sur l’importance de préserver cet héritage pour les générations futures.
Préserver les archives pour les générations futures
Le président d’Histoire et Archives Laurentides, Henri Prévost, a expliqué que l’idée du livre provenait d’un groupe d’anciens militants qui souhaitaient éviter que cette mobilisation tombe dans l’oubli. L’organisme a ainsi accompagné Richard Lagrange dans ses recherches, notamment grâce à ses collections d’archives et à son expertise en conservation du patrimoine.
Le projet a bénéficié d’un soutien financier du gouvernement du Québec, par l’entremise du Fonds régions et ruralité, ainsi que de la collaboration du Conseil des préfets et des élus de la région des Laurentides.
Le livre est offert au coût de 30 $, notamment auprès d’Histoire et Archives Laurentides.