| Par Luc Robert

Les embûches n’empêchent pas les motoneigistes de savourer la saison

Après un début de saison mitigée en raison de la pandémie, les motoneigistes ont repris des couleurs depuis le lundi 31 janvier dernier, en pouvant se dégeler aux divers relais et commerces locaux.

« Les grands froids ont aidé à conserver la neige tombée. Heureusement, car dans les Basses-Laurentides, il manque encore une tempête pour recouvrir quelques roches dans certains coins. Généralement, les sentiers sont de très bonne qualité et la saison pourrait se prolonger jusqu’à la fin mars. On négocie d’ailleurs avec la cabane Bouvrette, pour que des repas puissent éventuellement s’ajouter, selon les règles de la Santé publique », a souligné M. Jeannot Dion, président du Club de motoneige laurentien.

Le dirigeant remercie les quelque 850 membres d’avoir été patients et d’avoir gardé leur engin en ordre.

« La majorité des adeptes fait preuve de retenue et demeure respectueuse. On s’arrange pour être proactifs auprès des propriétaires de terres agricoles et de terrains privés. Quand un des deux côtés s’adresse à moi, je vais négocier les imbroglios sur place. »

M. Dion rêve de pouvoir jeter des bases permanentes à ses sentiers.

« Il faut pouvoir entrer nos tracés dans les infrastructures des municipalités. J’ai d’ailleurs l’intention d’obtenir un sentier permanent, à partir de la 117 est, au bout de l’autoroute 50 à Mirabel. J’aimerais prolonger le tracé jusqu’au chemin Val-des- Lacs, à Sainte-Sophie. »

Les négociations avec les proprios de terrains sont souvent à recommencer. « On est coopératifs et on s’arrange pour passer loin des maisons. Il y a toujours des projets domiciliaires qui s’ajoutent et nous devons nous adapter. Par exemple, au lac à l’Anguille à Saint-Hippolyte, il faudra sortir de là et trouver des alternatives de sentiers. »

Perte de droits

La situation deviendrait idéale si certains éléments n’occasionnaient pas des maux de tête aux divers clubs.

« On planifie l’aménagement d’un garage pour notre machine (dozer) et nos équipements, dès le printemps à Sainte-Sophie. Nos bénévoles restent en bons termes avec tous. Il s’agit qu’un seul comique coupe la broche d’une clôture, au golf de New Glasgow, pour aller circuler sur les allées, pour faire mal à notre réputation. J’ai moi-même été réparé la clôture. Même chose pour certains qui se sont lâchés lousses, après le confinement, hors sentiers. Nos droits de passages demeurent fragiles et nous en perdons à cause d’autres cas isolés de ce genre », a-t-il constaté.

Les mordus savent déjà, en sortant de la région du club laurentien à l’est, qu’il y a un cul-de-sac à Chertsey, sur la route 310.

À l’ouest de Saint-Jérôme, des travaux entraînent des fermetures de tronçons. « Vers le 20 décembre dernier, le ministère des Transports du Québec (MTQ) nous avisait que le sentier longeant l’autoroute 50, à Saint-Colomban, devait rester fermer vu le début des travaux d’élargissement de la 50, dès janvier, soit un an plus tôt que prévu. Aucune alternative n’est possible avec un si court échéancier. Par contre, la FCMQ (Fédération des clubs de motoneigistes du Québec) a fait une demande express afin de forcer le MTQ à trouver une alternative. C’est sans réponse, de sorte que le sentier menant vers Gore doit donc demeurer fermer jusqu’à nouvel ordre », est-il écrit sur le site FB des Lynx.

« Par ailleurs, depuis le samedi 22 janvier, une partie du sentier 333, du village de Saint-Augustin jusqu’à la fourche de Sainte- Scholastique, doit être emprunté pour ensuite se diriger vers le village », a spécifié M. Daniel Breton, président club des Lynx de Deux-Montagnes.

Dans le secteur de Saint-Benoît, des agriculteurs mis à l’amende par le ministère de l’Environnement, ont décidé de barrer leurs terres aux motoneigistes, en moyen de pression à quelques jours d’avis. Des proprios contactés n’ont pas retourné les appels du Nord.

Par les MRC

Pour M. Breton, c’est l’ensemble du dossier des tracés qui doit être revu.

« Que ce soit sur les sentiers bleus (provinciaux), verts (régionaux) ou oranges (locaux), il y a toujours des solutions à envisager. Mais pour la pérennité des sentiers, ça prendra une volonté régionale, avec les MRC et les Chambres de commerce locales. Les négociations locales à la pièce sont toujours ardues et fragiles », a poursuivi M. Breton.

Casse-têtes

Tout en respectant les propriétaires (plus de 100) qui permettent aux adeptes de passer sur leurs terres, les dirigeants des Lynx composent avec des casse-têtes inattendus.

« Nous devons passer sur plusieurs terres privées et la majorité de celles-ci sont labourées et demandent plus de 30 cm de neige au sol avant de penser à y ouvrir des sentiers et à y installer la signalisation obligatoire. Il faut aimer ça pour négocier avec tout le monde », a achevé M. Breton.

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