Une aventure MasterChef Québec qui restera gravée
Par France Poirier
C’est au terme d’une compétition intense que les candidates Nancy Laforge, de Prévost, et Kim Nunès, de Saint-Jérôme, ont dû quitter MasterChef Québec à l’issue de la semaine des qualifications le 9 septembre dernier.
Sélectionnées parmi des centaines de candidats, elles avaient rejoint le groupe de 20 candidats qui disputaient un tablier blanc pour entrer dans la compétition officielle des 16 participants.
Une sortie qui, malgré la déception, laisse place à un bilan positif. « C’est certain que je souhaitais rester. J’ai vécu des émotions multipliées par 1000. L’expérience du tournage nous a permis de créer des liens d’une rare intensité, autant avec les autres candidats qu’avec toute l’équipe de production », explique Nancy.
Comme elle l’explique en entrevue avec Le Nord, les participants vivent de choses intenses en peu de temps et s’attachent rapidement aux autres candidats. « Cette année, ce sont 20 candidats qui ont été retenus au départ, comparativement à 16 lors des saisons précédentes », ajoute-t-elle.
L’expérience d’une vie pour Kim

Pour Kim, qui croyait que l’aventure culinaire était impossible pour elle, le simple fait d’avoir été sélectionnée relevait déjà de l’exploit. « C’est grandiose, c’est plus grand que nature. Je pensais que c’était inaccessible, puis finalement c’est devenu accessible », confie-t-elle.
Derrière les images sélectionnées de l’émission se cache un rythme effréné : trois ou quatre jours de tournage par semaine, à raison de dix à douze heures par jour, sur onze semaines pour ceux qui atteindront la finale. « Ça, quand tu t’inscris, tu ne le sais pas », raconte Kim en riant.
Au-delà de la compétition elle-même, c’est la dimension humaine qui semble avoir le plus marqué les deux candidates. Elles décrivent une expérience où la vie personnelle est mise sur pause le temps du tournage. Elles gardent toutes les deux des liens solides avec d’autres candidats, notamment entre elles, qui gardent contact.
Une inscription faite « en cachette »
Les enfants de Nancy l’ont poussée, indirectement, à tenter sa chance. Grande admiratrice de l’émission, elle s’est inscrite sans trop y croire. « Je m’étais inscrite en cachette parce que mes enfants me disaient souvent que je devrais le faire. Je me suis inscrite sans vraiment penser qu’on pouvait me rappeler. Je cuisine bien, mais de là à être une MasterChef, je ne savais pas. »
Fierté et accomplissement

Malgré l’élimination, Nancy garde la tête haute. Elle insiste sur le fait qu’elle est allée au bout de ses capacités. « J’étais vraiment fière de voir mes plats, puis j’étais fière de ce que j’ai accompli. J’ai donné tout ce que je pouvais, donc je ne pouvais pas faire plus que ça. » Sa famille et ses amis se disent d’ailleurs extrêmement fiers de son parcours, une reconnaissance qui, selon elle, compense l’absence du fameux tablier blanc.
Une expérience « plus grande que nature »
Du côté de Kim, l’expérience lui a révélé une facette insoupçonnée. « J’ai découvert le stress, les manifestations du stress que je n’avais jamais ressenties auparavant. La boule dans le ventre, la boule dans la gorge, de la misère à respirer », décrit-elle.
Par ailleurs, dès qu’elle avait son couteau dans la main et qu’elle commençait à cuisiner, elle se sentait bien. Elle a réalisé à quel point la cuisine l’apaisait bien plus qu’elle ne pensait.
« Je suis zéro compétitive »
Contrairement à l’image qu’on peut se faire d’une compétition télévisée, Kim affirme ne ressentir aucune amertume face à l’élimination. « Pour moi, perdre et gagner, ce sont deux verbes, et les deux sont essentiels l’un pour l’autre », philosophe-t-elle.
Inscrite… pour prouver le contraire
L’histoire de son inscription relève du destin. « Je ne me serais jamais inscrite, mais il y a des gens près de moi qui insistaient. Je me suis inscrite pour leur montrer que je n’allais pas être prise », admet-elle.
Il s’est ensuivi une série de coïncidence,s comme de croiser une ancienne candidate le soir-même de l’annonce qu’elle était choisie, alors qu’elle hésitait encore. Finalement, elle assiste à un spectacle où l’on tirait justement un livre de recettes, et cela l’a finalement convaincue d’accepter. « Je me suis dit : il y a sûrement un signe là-dedans », raconte-t-elle.
Et à ceux qui hésiteraient à se lancer dans un projet aussi audacieux, son message est sans détour : « Je leur dis tellement de se lancer, parce que pour vrai, je pense que c’est la plus belle expérience de toute ma vie jusqu’à maintenant. »