(Photo : Courtoisie)

Julie Graton nous plonge au cœur de sa tête

Par Aurélie Moulun

Du 1er au 23 avril, l’artiste résidente de Val-Morin, Julie Graton, présente pour la première fois une exposition joyeuse et sereine à la Galerie d’art Montfort. En entrevue avec le Journal, elle raconte que ces toiles ont servi de support à son deuil et elle dévoile sa fascination pour les visages.

Peindre pour retrouver l’équilibre

Julie explique que le thème qui plane sur l’ensemble de l’œuvre qu’elle présente à Wentworth-Nord, c’est la sérénité. « Quand ma mère est décédée, j’avais besoin de trouver une façon de la laisser partir. Elle a reçu l’aide médicale à mourir et elle est partie de façon très sereine, c’est moi qui l’étais moins », raconte-t-elle.

L’exposition, intitulée Au cœur de ma tête, raconte ainsi le parcours de l’artiste dans sa quête vers la sérénité. « Je suis vraiment allée au cœur de ma tête pour faire mon deuil et pour faire du ménage. Je savais qu’il fallait que je passe par-là et c’est ce qui m’a permis de retrouver ma sérénité. »

« Le cœur de ta tête, c’est comme «l’anti cartésien» de ta tête. Si la tête était une maison, le cœur de la tête serait l’alcôve de la pensée spontanée. » – Julie Graton

D’ailleurs, elle dévoile ses toiles très personnelles, sans complexe et sans gêne. « Je suis très contente de dévoiler cette exposition au public parce qu’elle est positive. Les gens me disent qu’ils trouvent mon exposition joyeuse ! Je crois que ça confirme que j’ai bien fait mon deuil », lance-t-elle.

Bien qu’elle soit satisfaite de la réception de son exposition jusqu’à maintenant, le plan initial n’était pas la création d’une exposition. « Je fais des toiles parce que ça me fait tripper et ça me libère. Ce n’est jamais mon intention première de faire une exposition. Mes toiles, je les fais d’abord pour moi. »

Raconter à travers les visages

En observant l’œuvre de l’artiste, on se rend rapidement compte que plusieurs de ses toiles présentent des visages. C’est principalement parce que, pour Julie, c’est une fascination. « Je fais tout le temps beaucoup de visages parce que ça m’attire particulièrement. Je trouve que ça parle, des visages. Ça raconte des histoires, plus que des paysages », souligne-t-elle.

Quand elle peint un visage, elle a une idée générale en tête. « Je fais beaucoup de portraits, mais pas des gens que je connais. Je laisse aller mon imagination et je développe l’image au fur et à mesure que j’avance ma toile. »

Liberté de perception

Julie Graton raconte aussi qu’elle ne donne pas de nom à ses toiles. « Je ne mets pas de titre parce que je pense que ça influence le coup de foudre du public pour une toile. Je veux que le public vive mes toiles comme il l’entend. »

Pour elle, la distorsion de perception entre l’artiste et public ne devrait pas être soulignée et ce dernier devrait pouvoir ressentir librement chacune des toiles qu’il croise.

Julie Graton, une artiste multidisciplinaire

À travers son exposition, l’artiste utilise une multitude de techniques différentes pour réaliser ses toiles. Elle aime tout essayer, dit-elle au Journal.

Les œuvres qu’elle présente sont majoritairement réalisée à l’encre et à l’aquarelle, des techniques qu’elle a apprises il y a peine cinq mois. Mais elle en utilise aussi beaucoup d’autres. « J’ai des toiles où j’ai utilisé le fusain et l’encre, d’autres au crayon. J’adore mixer plein d’affaires », lance Julie.

Récemment, elle a également décidé de se lancer dans l’art abstrait. « L’abstrait c’est différent de ce que je fais d’habitude. C’est plus juste des émotions, alors ça ne part pas de la tête. Ça part du cœur et il n’y a que les mains qui travaillent », indique-t-elle.

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