Lysanne Leduc : peindre la force féminine
Longtemps avant de vivre de son art, Lysanne Leduc peignait simplement pour habiller les murs de son appartement. En 2012, sans formation artistique ni plan de carrière, elle achète quelques pinceaux et de la peinture avec une idée toute simple : ajouter de la couleur à son décor. Mais ce geste spontané marquera le début d’un parcours inattendu.
Aujourd’hui, l’artiste-peintre de Saint-Colomban se retrouve au cœur de la nouvelle campagne de SOLEM, Ode à la femme, une collection de serviettes de plage illustrées à partir de ses œuvres. Une collaboration significative pour celle qui explore depuis plusieurs années les multiples facettes de l’identité féminine à travers ses portraits colorés.
Au fil des ans, Lysanne Leduc a développé un style : des visages féminins vibrants, expressifs, traversés d’émotions et de contrastes. Son ascension s’est faite graduellement, portée d’abord par l’enthousiasme de son entourage. Puis est venue une première exposition au Stade olympique, où une inconnue achète une toile. Ensuite une autre, puis plusieurs autres. « Je me suis dit : bon, c’est parti », se souvient-elle. Encouragée par son conjoint, elle décide alors de se lancer à temps plein.
Une ode aux multiples facettes des femmes
Lorsque SOLEM l’approche pour une collaboration, l’artiste se dit immédiatement emballée. Après plusieurs échanges avec les fondatrices Marie-Hélène Doucet et Mylène Lessard, l’idée prend forme, celle de rendre hommage aux différentes personnalités des femmes. De cette réflexion sont né trois créations exclusives : La Libre, L’Audacieuse et La Douce, chacune incarnant une énergie distincte.
Pour cette collection estivale, Lysanne a poussé encore plus loin l’intensité de sa palette. « Je les ai faites très vibrantes spécialement pour cette collection-là, parce que le but, c’était des serviettes de plage. Je voulais que ce soit énergisant, vivifiant. » Les couleurs sont donc devenues ici un langage émotionnel. Plus douces pour la sérénité, plus éclatées pour l’audace, plus lumineuses pour la liberté.
Créer malgré la maladie, rêver plus grand
Derrière cette œuvre lumineuse se cache un combat personnel. Lysanne est atteinte de rétinite pigmentaire, une maladie dégénérative de la vue qui réduit progressivement son champ de vision. Elle conserve une excellente vision centrale, ce qui lui permet de percevoir les détails et les couleurs, mais les grands formats exigent des adaptations constantes. « Je vois un œil, puis la bouche… je vois tout séparé. J’ai développé des trucs pour que tout soit cohérent. »
Cette réalité rend la collaboration avec la Fondation des maladies de l’œil d’autant plus significative. Une partie des profits de la collection y sera versée, un geste qui touche directement l’artiste, déjà engagée auprès de l’organisme depuis plusieurs années.
Malgré les défis, Lysanne regarde vers l’avenir avec ambition. Pour le futur, elle souhaite intégrer des galeries, multiplier les expositions collectives et faire rayonner son travail à l’international.