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Cap-Emploi: Outils, responsabilités et dignité pour trouver un emploi

Par Simon Cordeau

Trouver un emploi peut sembler simple, surtout avec l’actuelle pénurie de main-d’oeuvre. Mais trouver un emploi qui nous convient, où on restera et où on s’épanouira est un tout autre défi. « J’essaie de recadrer ça. Trouver un emploi, ce n’est pas une finalité : c’est un moyen », explique Frédéric Demers, de Cap-Emploi à Saint-Jérôme.

Avec Caroline Fabre, Frédéric anime le Programme préparatoire à l’emploi (PPE). Trois jours par semaine, durant neuf semaines, les participants travaillent en groupe. Ils explorent leurs forces, leurs faiblesses et leurs aspirations, puis développent les outils pour se trouver un emploi et, enfin, passent à l’action.

J’assiste à l’un des ateliers. Je compte 13 participants, mais on note quelques absents. Chacun a un parcours et un bagage unique.

« De 15 à 18 ans, j’étais en détention juvénile », confie Doréanne. Elle ne pensait jamais survivre au-delà de 18 ans. Maintenant qu’elle y est, regarder en avant est difficile, voire anxiogène. « Le PPE m’aide vraiment à savoir où me diriger. Je veux vivre une vraie vie : avoir un toit, pouvoir manger, être en sécurité. Être en vie le lendemain. »

D’autres participants sont d’âge mûr. Frédéric indique même que de plus en plus d’aînés s’inscrivent. Leur revenu de pension fixe ne suffit plus à pallier l’inflation du loyer et de l’épicerie.

Cette diversité fait d’ailleurs la richesse du groupe, souligne Caroline. « Il y a des liens qui se créent. » « Certains ont une maîtrise, d’autres n’ont pas une première année », illustre Frédéric.

Se connaître

La première étape, c’est de se connaître soi. À travers les ateliers, les membres du groupe apprennent à changer leur perspective. Ma voisine de pupitre révise une « Liste des autosaboteurs ». Caroline distribue une grille horaire, pour documenter notre semaine. L’objectif n’est pas de poser un jugement, explique-t-elle, mais de voir soi-même, de prendre conscience de comment on utilise notre temps. Est-ce que ça s’accorde avec nos priorités?

Certains exercices demandent une certaine vulnérabilité, de s’ouvrir au groupe. Par exemple, Frédéric demande de nommer une personne qui nous admire et quelles qualités elle nous donnerait. Durant un atelier précédent, les participants ont fait l’inventaire de leurs relations, ce qu’elles leur apportent et leur coûtent. « Certains font le constat : c’est tout négatif! » D’où l’importance d’offrir un lieu sécuritaire et accueillant, souligne Frédéric. « On redonne la dignité humaine. »

S’outiller

La prochaine étape sera de s’outiller : l’abc du CV, comment se préparer pour une entrevue, où trouver des offres d’emploi, etc. Mais depuis le début, Frédéric et Caroline donnent des outils pour que les participants développent leur résilience et leur initiative. Frédéric me donne l’exemple du PPPPP : le plus petit pas positif possible. « Où est ton pouvoir d’agir? »

Chaque semaine, les membres du groupe se voient assigner un rôle et des tâches. « Ça les amène à développer leur leadership, leur initiative, leur propre couleur », explique Frédéric. Travailler en groupe permet aussi à chacun de développer ses habiletés sociales. « Il y a aussi quelques personnes qui vivent de l’isolement. »

Prendre sa place

Enfin, ce sera le temps de passer à l’action : trouver un emploi, oui, mais où on se sent bien et qui contribue à notre santé mentale. « On aura jusqu’à sept métiers dans notre vie. Et en moyenne, on va rester au même emploi trois ans », indique Frédéric. Il prévoit que la pénurie de main-d’oeuvre durera encore plusieurs années. « Les opportunités vont être là. »

Pour s’habituer aux responsabilités, et reprendre sa place dans la communauté, le groupe doit monter un projet communautaire. « Ils choisissent une cause qui leur tient à coeur », explique Frédéric. Ce groupe-ci a choisi d’aider la Maison Sophia, qui devra fermer, faute de financement. Deux membres du groupe y sont hébergées.

Le Programme préparatoire à l’emploi est offert à Saint-Jérôme, à Sainte-Adèle et à Sainte-Agathe. Il se déroule trois fois par année, en octobre-novembre, en février-mars, et en mai-juin. On peut s’inscrire tout au long de l’année. Pour plus d’informations : capemploi.ca

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