| Par Simon Cordeau

3 milliards de dollars de moins

L’activité économique des Laurentides a baissé de 3 milliards de dollars en 2020 et 2021 en raison de la pandémie. Selon les industries, rattraper le retard pourrait prendre jusqu’en 2026. C’est ce que révèle une étude commandée par Connexion Laurentides et le Conseil des préfets et des élus de la région des Laurentides. Explications avec Carmen Sanchez, directrice générale de Connexion Laurentides.

Les confinements et la baisse des exportations expliquent cette diminution de l’activité économique. « Plusieurs pans de l’économie étaient inactifs. Donc les gens n’étaient pas en mesure de dépenser autant que s’il n’y avait pas eu les mesures sanitaires. » Les ménages ont donc accumulé une « épargne pandémique », explique Mme Sanchez.

Maintenant que les mesures sont levées, la question est de savoir si les ménages garderont cette épargne ou s’ils la dépenseront rapidement. 

Risques de surchauffe

Si les ménages injectent rapidement cet argent épargnée dans l’économie, la reprise pourrait être plus rapide. Mais cela pourrait aussi contribuer à l’inflation, dû à une demande supérieure à laquelle les entreprises ne peuvent pas répondre. « Les indicateurs économiques nous le montrent : il y a un risque de surchauffe de l’économie. On le voit avec l’Indice des prix à la consommation. » L’inflation a atteint 7,7 % en mai au Canada, un record depuis 1983.

De plus, les entreprises ont moins investi durant la pandémie, dans leurs équipements par exemple. « Non seulement il faut répondre à une demande plus forte, mais on est aussi dans un contexte de rareté de main-d’œuvre et en retard dans les investissements », illustre Mme Sanchez.

Vivre (et travailler) ici

Les Laurentides sont une région exportatrice de travailleurs. En effet, 7,4 % de la main-d’œuvre québécoise y réside, mais seulement 6,4 % y travaillent. Il y a donc 65 000 Laurentiens qui travaillent à l’extérieur de la région. 

« Dans le contexte de la rareté de main-d’œuvre, il y a le potentiel pour une opération charme, s’il y a les bonnes opportunités d’emploi », croit Mme Sanchez.

Solutions

L’étude propose donc plusieurs actions pour relever les défis de la reprise économique. Amorcer un virage numérique pourrait augmenter la productivité de l’entreprise, par exemple. Il ne s’agit pas seulement d’avoir une boutique en ligne, explique Mme Sanchez. 

« Ça peut aussi être de l’amélioration continue, ou une façon d’optimiser ses processus en les numérisant, ou dans la façon dont les départements se parlent.»

Au lieu de prendre les réservations à la main et au téléphone, un restaurant pourrait avoir une plateforme en ligne, illustre-t-elle. Cela permettrait même à l’employé de l’accueil de se concentrer sur la clientèle présente au restaurant.

Développer une offre touristique à plus haute valeur ajoutée permettrait aussi d’attirer plus de clients. 

« Est-ce qu’on peut développer de nouvelles activités qui n’existent pas? Est-ce qu’on peut mieux se connecter avec des outils technologiques et créer une expérience utilisateur plus fluide? Les entreprises peuvent aussi se connecter avec les autres offres touristiques autour et créer un parcours touristique unique », suggère Mme Sanchez.

Augmenter la disponibilité des logements abordables sera également essentiel. Rappelons que le taux d’inoccupation des logements est sous 1 % dans les Laurentides. 

Enfin, s’approvisionner plus localement serait sage. En ce moment, 94 % des entreprises laurentiennes dépendent des importations dans leur chaîne d’approvisionnement. 

« Il faut une meilleure connaissance de notre territoire, pour faire affaire ensemble. Et comme ça, notre économie sera plus résiliente », soutient Mme Sanchez.

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