| Par lpbw

«Une mauvaise idée pour l'économie et l'environnement»-Éric Pineault

SAINT-JÉRÔME. Alors que le gouvernement Trudeau vient de donner le feu vert à deux projets d’oléoducs, l’économiste Éric Pineault estime que l’approbation du projet d’oléoduc Énergie Est, qui passerait notamment par Mirabel, serait dramatique pour le Canada.

Invité par l’organisme Action environnement Basses-Laurentides, lundi soir à la Vieille Gare de Saint-Jérôme, l’auteur du livre <@Ri>Le piège Énergie Est<@$p> a expliqué que ce projet, qui fait grand bruit dans les Laurentides, aurait de graves conséquences écologique, économique et climatique.

«Dans notre argumentaire, il faut démontrer que c’est une mauvaise idée pour l’économie canadienne et québécoise, l’environnement et la société, a lancé le professeur de sociologie de l’UQÀM aux participants qui semblaient partager son opinion. Il faut démontrer que les coûts sont beaucoup plus importants que les bénéfices et que ceux-ci vont être essentiellement privés», a mentionné M. Pineault qui repousse l’argument du promoteur TransCanada qui veut que le projet serve l’intérêt national.

Selon lui, des déversements majeurs de ce pipeline de 4600 kilomètres sont inévitables.

«Il y en a un aux quatre ans, mais on ne sait pas à quel endroit il y en aura. C’est ce qui fait le plus peur à tout le monde. Mais ce qui est encore plus épeurant, c’est que c’est l’eau potable de cinq millions de personnes qui est en jeu», a expliqué l’auteur ajoutant que de petits déversements reliés à l’entretien du système auront aussi lieu.

Il fait remarquer qu’au Québec le pipeline passerait dans des zones densément peuplées.      
Ces déversements peuvent faire beaucoup de dommage puisque le débit de l’oléoduc est de 2000 litres à la seconde et qu’il faut 14 minutes en moyenne pour fermer les valves.  

Des tonnes de GES

Au niveau climatique, le projet Énergie Est générerait 32 millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES). «Si on permet l’expansion des sables bitumineux, cette seule industrie va être responsable de 50 % des émissions de GES. Si le gouvernement veut respecter son engagement qu’il a pris à Paris, les autres secteurs industriels devront faire un effort de réduction de GES de 90 %», rapporte-t-il.

Selon lui, tous les efforts de l’Ouest canadien pour développer des énergies alternatives et renouvelables devraient, en conséquence, être dirigés pour verdir le pétrole issu des sables bitumineux.  

Pas une demande
 
Si le projet voit le jour, M. Pineault s’attend à ce que le pétrole, qui circulera dans le pipeline, provienne des États-Unis et soit destiné à d’autres marchés. Il note qu’en 2015 la production de pétrole au Canada était de 3,5 millions de barils par jour alors que la consommation des Canadiens est de 2,5 millions de barils par jour. 1,1 million de barils par jour passera dans l’oléoduc Énergie Est, soit une augmentation de 30 % de la production du pays.  

«Clairement, ce pétrole-là n’est pas destiné à répondre à une demande canadienne. On est loin d’un projet patriotique pour aider le Canada. C’est un projet économique qui vise à transporter des liquides de l’Ouest vers l’Est, point !»

Par ailleurs, le conférencier croit que la demande devrait plafonner très rapidement et commencer à baisser.

«D’ici 20 à 30 ans, on devrait avoir besoin de moins en moins de tuyaux. Le pipeline est fait pour durer jusqu’en 2065. Donc, on s’enferme pour très longtemps dans une économie dépendante au pétrole», déplore-t-il.

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