L’équipe de la Maison de Sophia lors de la levée de fonds des 23 et 24 avril derniers.
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Une intervenante se confie : « Je vais me battre jusqu’au bout »

Par Ève Ménard

Les 23 et 24 avril derniers, la Maison de Sophia tenait une levée de fonds à la Vieille-Gare de Saint-Jérôme, sous la forme d’une friperie ambulante. L’objectif était d’amasser des fonds pour l’organisme qui est à risque imminent de devoir fermer ses portes, faute de financement.

Aude Matthyssen est intervenante psychosociale à la Maison de Sophia depuis août 2021. En tant qu’employée, elle ne s’est jamais sentie aussi bien et acceptée dans un milieu de travail. Elle dit aussi avoir rencontré et croisé la route de femmes extraordinairement fortes depuis son arrivée. 

Des femmes de grand courage 

« Elles gagnent à être connues et à pouvoir continuer à travailler sur elles-mêmes, d’avoir l’opportunité de le faire et de pouvoir éventuellement accomplir leurs rêves
 et leurs objectifs. »
Certaines d’entre elles ont d’ailleurs recommencé à travailler ou sont retournées aux études. « Ce sont des femmes de grand courage », souligne avec émotion l’intervenante. Et celle-ci ne compte pas les abandonner de sitôt. « Je vais me battre jusqu’au bout ». 

La Maison de Sophia compte actuellement neuf places en hébergement pour femmes en difficulté. « On peut dire que ce sont neuf lits, mais ce sont surtout neuf femmes », souligne Aude. Derrière cette possible fermeture, il y a des femmes en reconstruction qui risquent de retourner dans la rue. L’organisme exerce d’ailleurs un rôle significatif pour compléter le filet social dans la région. 

Leurs critères d’admission étant plus larges, il peut accueillir des femmes, par exemple, qui ne peuvent pas aller en maison d’hébergement puisqu’elles ne remplissent pas exactement leurs critères ou par manque de chambres.

Rachel Lapierre, fondatrice du Book Humanitaire, mentionne justement qu’il lui arrive très souvent de devoir placer des femmes, mais qu’il manque de places. C’est ici que la Maison de Sophia devient une alternative. Devant la demande grandissante, l’objectif était même d’augmenter l’offre et de passer de 9 à 20 places en hébergement.

Inquiétudes pour la suite 

Beaucoup d’anxiété se fait ressentir devant l’incertitude actuelle. « Nous avons certaines femmes qui ne veulent pas retourner dans le système, qui ont déjà
été ballottées d’un organisme à l’autre et elles n’en ont plus envie. Elles ont besoin de stabilité, elles l’ont trouvée et elles ne veulent pas la perdre »
, nous explique l’intervenante. Par ailleurs, plusieurs risquent aussi de se retrouver dans des hébergements mixtes, ce qu’elles ne souhaitent pas nécessairement. Et mise à part les maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale, il n’existe pas d’autres ressources d’hébergement pour femmes uniquement, autre que la Maison de Sophia.

« Je trouve aberrant de dire à des femmes, en ce moment, qu’on n’a pas les moyens de les protéger. C’est un peu le message qui est envoyé », déplore Aude au sujet de l’inaction du gouvernement. Pour elle, l’organisme a toute sa raison d’être. 

« Je pense que la Maison de Sophia mérite d’être sur pied, elle mérite sa place. Le but dans la dernière année était même d’accroître nos services. C’est une claque dans la face pour nous et pour nos résidentes. Mais ça vaut la peine qu’on en parle, que ça fasse le tour et que les choses bougent. »

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