(Photo : Marie-Catherine Goudreau)
À Piedmont, une partie d’un sentier s’est affaissée en raison de l’érosion.
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Un été difficile pour les sentiers

Par Marie-Catherine Goudreau

 Derecho, pluies diluviennes, orages : les évènements météorologiques ont été nombreux cet été dans les Laurentides. Ceux-ci ont eu des conséquences sur les sentiers de plein air qui ont souvent dû être fermés en raison des mauvaises conditions. 

La Réserve naturelle Alfred-Kelly à Prévost et Piedmont a été l’un des réseaux les plus affectés par le derecho du mois de mai. « On a passé tout l’été à travailler sur les sentiers et il reste encore du travail à faire », soutient Patrick Perrault, membre du conseil d’administration des Amis de la Réserve Alfred-Kelly et du Conseil régional pour la protection des falaises. Les bénévoles et les émondeurs ont dû couper une centaine d’arbres dans la réserve qui étaient soit tombés ou dangereux.  

Le problème de l’érosion

« Les pluies diluviennes ont beaucoup affecté nos sentiers, surtout ceux de ski de fond. Il y a plus d’érosion », rapporte Philippe Marchessault, président dHéritage plein air du Nord (HEPAN) à Sainte-Anne-des-Lacs et Prévost. L’organisme souhaite remédier à la situation en faisant un meilleur drainage de l’eau qui s’écoule dans les sentiers. « On se base sur les travaux faits par Rando Québec, alors que les sentiers sont construits pour être plus durables », explique-t-il. 

À Sainte-Adèle, les pluies ont aussi beaucoup affecté les sentiers. « C’est surtout la boue qui est un problème », souligne Dominique Hamel, responsable des communications pour Plein air Sainte-Adèle (PASA). 

« S’il y a une petite pluie pendant super longtemps, ce n’est pas ce qui va abimer les sentiers. Ce sont les grosses pluies dans une courte période », soutient-elle. 

Dans les sentiers où les vélos ne sont pas acceptés, comme à la Réserve naturelle Alfred-Kelly, l’érosion diminue, dit M. Perreault. Toutefois, les pluies « sont toujours un défi », affirme-t-il. « Nos sentiers sont le plus naturel possible, et ce n’est pas construit pour bien tolérer l’érosion. Cependant, on fait des travaux et des aménagements temporaires lorsqu’il y a trop d’érosion. » Ils ont même réutilisé quelques arbres tombés ou coupés pour construire ces aménagements. 

« Même quand on dit que les sentiers ne sont pas ouverts sur notre page Facebook, les gens y vont quand même, alors ça n’aide pas », rapporte Dominique Hamel. C’est aussi la plus grande problématique à la Réserve naturelle Alfred-Kelly. « C’était un défi d’inciter les gens à respecter les fermetures, car ils sont habitués d’aller courir là chaque matin ou d’aller marcher dans la réserve », explique M. Perreault. 

Ressources limitées

La plupart des organismes de plein air comptent sur les bénévoles pour faire l’entretien des sentiers. Chez PASA, il était parfois difficile d’avoir assez de personnes disponibles pour travailler les sentiers après un évènement météorologique, soutient Dominique Hamel. 

Pour la Réserve Alfred-Kelly, même si des personnes se portaient volontaires, les travaux étaient souvent trop dangereux et il fallait faire appel à des émondeurs. Les gens étaient donc redirigés vers les dons, explique M. Perreault. 

Les défis à venir

Le défi pour l’automne sera de préparer les sentiers de ski de fond pour la saison hivernale. Quelques sentiers ont encore des arbres tombés dans leur passage à Sainte-Adèle. Plusieurs corvées sont organisées au cours du prochain mois pour travailler ces sentiers. 

Du côté d’HEPAN, on se penche surtout sur la sécurité dans les sentiers. « Il faut retravailler les sentiers pour que les premiers répondants puissent y accéder facilement si une personne se blesse », explique Philippe Marchessault. « On a un petit réseau, et les gens sont très mobilisés et attachés aux sentiers. »

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