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Rencontre des générations: De l’improvisation à la Maison Alois

Par Ève Ménard

Vendredi dernier, vers 13h, la Maison Alois et ses participants se préparent à accueillir une quinzaine d’élèves du primaire de l’école Saint-Jean-Baptiste, à Saint-Jérôme. On installe les chaises, de manière à laisser un espace au centre, où les jeunes feront de l’improvisation. Les participants prennent place. Puis, les élèves de 5e année arrivent, accompagnés de leur professeure d’art dramatique, Maryse Guénette.

Les filles s’installent d’un côté, les garçons de l’autre. L’enseignante se dirige vers le centre et débute l’animation. Pendant l’heure qui suit, les deux équipes s’affrontent dans un match d’improvisation. Les gagnants sont déterminés par les participants, au moyen d’un vote. Ces derniers sont également impliqués dans le processus de création. À chaque début d’improvisation, ils donnent un objet aux élèves, qu’ils doivent inclure dans leur histoire.

À la fin de l’activité, les élèves s’adressent aux participants, pour les remercier. « Merci de nous avoir donné un point de plus que l’autre fois », dit un garçon. Tout le monde éclate de rire. « Merci de nous accueillir avec le sourire, et merci à Mme Maryse. Si elle n’était pas là, on ne serait pas venu ici », souligne une autre élève.

Une rencontre bénéfique, des deux côtés

Depuis quelques semaines, Maryse Guénette, enseignante d’art dramatique, amène ses classes de 5e et de 6e année faire de l’improvisation devant les participants de la Maison Alois. Le conjoint de Mme Guénette est atteint d’une rare maladie neurodégénérative. « À vouloir trouver des services, j’ai découvert la Maison Alois », mentionne l’enseignante. Elle est maintenant vice-présidente du conseil d’administration de l’organisme. Son métier de professeure et son implication à la Maison Alois lui donnent éventuellement une idée. Pourquoi ne pas amener les élèves présenter dans les locaux de l’organisme? Rapidement, le projet se met en place.

D’un côté, ça permet aux élèves de sortir des murs de l’école, de rencontrer des personnes âgées, de se familiariser avec la communauté et de faire de l’improvisation devant un autre public que leurs camarades de classe. Pour les participants de la Maison Alois, c’est également une opportunité de rencontrer les jeunes et d’être stimulés. « Ce que je trouve beau chez nos participants, c’est que même si la plupart du temps, ils n’entendent pas les jeunes ou ne comprennent pas exactement ce qui se passe, il y a des sourires, ils sont réceptifs. Nos participants ont une adaptation sociale tellement belle et forte », souligne Samuel, intervenant en loisirs pour l’organisme.

« Vous êtes comme nos petits-enfants », lance une participante de la Maison Alois, à la fin de l’activité. La réception est incroyable, d’un côté comme de l’autre. « J’aime trop ça. Chaque fois que je croise Maryse dans les couloirs, je lui demande quand on y retourne », me dit Yasmina, une élève. Livia, sa camarade de classe, en rajoute. « J’aime ça parce qu’on fait autre chose que de rester à l’école. Aussi, parce que c’est le fun de faire plaisir aux gens. »

Amener le projet plus loin

Maryse Guénette a vu certains de ses élèves évoluer, à travers l’expérience. Des élèves plus réservés prennent leur place, donnent leurs idées. « Le parent d’une élève m’a appelé après notre première activité à la Maison Alois. La mère disait avoir vu sa fille se transformer, en l’espace d’un seul atelier d’improvisation. L’élève en parlait à sa mère, ce qu’elle n’avait jamais fait auparavant », raconte Maryse.

Le projet continuera d’ailleurs de se développer. L’enseignante est entrée en contact avec un CHSLD, tout près de l’école, qu’elle visitera avec ses élèves de 3e et de 4e année. « Mon intention, c’est que tous les élèves puissent vivre une activité interculturelle avec des gens de notre communauté. On n’exploite pas assez la proximité et les ressources autour de nous, pour se faire grandir, l’un et l’autre. Je souhaite que tous mes élèves, de la 1ère à la 6e année, puissent vivre cette expérience pendant l’année scolaire », affirme la professeure.

De son côté, la Maison Alois Alzheimer favorise énormément les activités intergénérationnelles. « Nous avons pleins d’activités qui existent déjà. Ici, beaucoup de personnes ont des enfants. Donc, lorsqu’il y a des journées pédagogiques, on fait des rencontres intergénérationnelles. On invite les enfants, peu importe les âges et on crée des activités », raconte Samuel. Récemment, des élèves d’une école secondaire ont aussi animé une activité de danse, pour un de leur cours.


La Maison Alois, en bref

La mission de la Maison Alois consiste à guider, accompagner et outiller les personnes vivant avec un trouble cognitif et leurs proches aidants afin d’améliorer leur qualité de vie, tout au long de leur parcours.

Jeudi le 8 décembre dernier, l’organisme procédait à son tirage du prix de 10 000$, dans le cadre du « Super Tirage » qui se déroule depuis le 17 décembre 2021. Cette levée de fonds a permis de récolter environ 10 000$, ce qui contribuera à l’ouverture d’un deuxième point de service, indique la directrice générale de l’organisme, Guylaine Charlot.

 

 

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