(Photo : gracieuseté Robert Charron )
:Le conseiller Robert Charron suit ALTO de près, dans le dossier du TGV. 

Tracé du TGV : la résistance interprovinciale s’organise avec l’Ontario 

Par Luc Robert

À l’invitation de collègues ontariens, le conseiller municipal mirabelois Robert Charron prononcera un discours sur le tracé futur du train à grande vitesse (TGV), ce mercredi soir 6 mai à Casselman, dans l’Est-Ontarien.

Élus et citoyens de ce secteur rural se trouvent également dans le possible corridor réservé de 10km, envisagé par Alto. Si personne ne sait encore le lieu précis où le TGV enfourchera la rivière des Outaouais, des inquiétudes ont ressurgi à la consultation publique qu’Alto a tenu à Vankleek Hill.

« Les dés nous semblent déjà pipés à l’avance, pour les deux côtés de la rive. Des signes précurseurs démontrent qu’Ottawa ne fléchira pas sans une opposition soutenue. Je prends le bâton du pèlerin pour conscientiser le plus de gens possible quant à l’avenir de nos villages et terres agricoles, menacés par le trajet du TGV et les expropriations à venir. Le député conservateur fédéral Scott Reid, ainsi que des conseillers municipaux de Rideau Lake, en Ontario, appuient aussi notre démarche, car leurs secteurs vont aussi être visés. Environ 400 personnes sont attendues à Casselman », a détaillé M. Charron.

Dépôt d’un mémoire

Une citoyenne du secteur Saint-Placide, Lise Beauchamp, effectuera aussi le déplacement vers l’Est-Ontarien. Elle a récemment déposé un mémoire au nom de 45 entreprises de la région laurentienne auprès d’Alto, pour faire valoir les dommages que pourraient encourir les agriculteurs si leurs terres étaient morcelées.

« Notre mémoire a été préparé par des économistes, qui ont scruté minutieusement nos conditions et les informations diffusées. Il a été déposé avant la date limite du 20 avril à Alto. Nos avocats suivent les développements quotidiennement. On ne veut surtout pas être pris avec des terrains coupés en deux ou trois portions, qui nécessiteront des longs détours pour effectuer nos récoltes. Jusqu’à maintenant, les réponses d’Alto ont été évasives. On entend que pour franchir leurs rails isolés via des viaducs, il faudrait que nos tracteurs soient transportés sur des remorques, un non-sens », a souligné Mme Beauchamp, dont la ferme M.G. Proulx comprend 320 vaches laitières.

Premiers échos

Des avis d’Alto ont commencé à être envoyés à des citoyens, afin d’obtenir leur consentement à un droit de passage de trois ans sur leurs terres, qui permettraient d’effectuer des études. Le nombre d’avis postés atteindrait les 500, sur une possibilité prévue de plus de 1000. Alto ou ses sous-contractants auraient alors libre accès à toute heure du jour et de la nuit à ces lieux, avec un préavis de 48 heures, pour installer des équipements de surveillances ou de tests.

« Quand tu envoies un 1er document de la sorte avec des numéros de lots précis, c’est pour tirer des carottes de terre (échantillons), a estimé Robert Charron. «  Leur idée de tracés semble arrêtée. Et de plus, l’éventuel contrat de 1 500 $ serait imposable par-dessus le marché : c’est ajouter l’insulte à l’injure ! Notre association avec l’Est-Ontarien arrive à point nommé, bien qu’ils aient commencé leurs démarches avant nous. Chapeau au député Jean-Denis Garon, qui a sonné l’alarme au Québec », a ajouté M. Charron, conseiller du secteur Saint-Janvier.

Des avis ont été reçus dans divers secteurs. Alto prévoit réduire cet automne le corridor de 10km, après études, dans le but d’avoir à la fin de 2026 une meilleure idée du tracé final, avait-on appris lors de la consultation tenue à Saint-Augustin.

« Ça va prendre un front commun immédiat, comme ceux qui ont fait reculer Ottawa pour les projets de pipeline Enbridge, d’Énergie-Est et de forage à l’île d’Anticosti. Selon les infos, si les gens ne peuvent s’entendre avec le gouvernement, les premières expropriations pourraient être imposées dès 2027-2028, pour un début des travaux en 2029. C’est un marathon de revendications que nous mettons en place. Il faut aussi impliquer les candidats aux élections provinciales d’octobre 2026 au Québec. Nous sommes rendus à la croisée des chemins.  Il faut éduquer les gens et contrecarrer une série de nouvelles expropriations traumatisantes à Mirabel et dans l’ouest », a ajouté M. Charron.

Possibilités de tracés

Bien qu’Alto a laissé savoir que des études sur des lots de terres ne veulent pas nécessairement dire que des itinéraires précis soient déjà retenus pour le TGV, les élus locaux se méfient.

« En regroupant des numéros de lots où des propriétaires ont reçu des avis pour les études, on a pu établir deux lignes principales, hypothétiquement envisagées. Sous toutes réserves, ça pourrait vouloir dire une première possibilité via Saint-André, Saint-Hermas, Sainte-Scholastique, Côte du midi, en direction de Pointe-Fortune. Dans l’autre cas avancé, on parlerait d’un possible tronçon plus au nord, via Brownsburg-Chatham, Lachute, vers les Chutes à Blondeau. D’autres propriétaires ont reçu des avis à Saint-Benoît, de sorte que l’échantillon semble large. Les propriétaires qui reçoivent des avis peuvent nous faire parvenir leurs numéros de lots, afin de continuer à cartographier les données », a repris Mme Lise Beauchamp, aussi à l’origine de l’Association des agriculteurs et producteurs laitiers touchés par le TGV.

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