(Photo : Étienne Brière)
Isabelle Gagnon et son alter ego Geneviève Everell.

En période de rémission : Isabelle passait de patiente à soignante  

Par France Poirier

Alors qu’elle était enceinte de 27 semaines, Isabelle a reçu un diagnostic du cancer du col de l’utérus avec métastase sur un ganglion en 2019. Elle est passée de patiente à soignante durant la période de cinq ans de rémission. Elle est l’une des têtes d’affiche de la websérie Alter ego alors qu’elle discute avec Geneviève Everell (Miss Sushi) qui a vécu un peu la même situation.

La websérie expose des rencontres cœur à cœur avec des personnalités du public et des infirmières auxiliaires et un infirmier auxiliaire par leur histoire. Avec cette campagne, l’Orde des infirmiers et des infirmières auxiliaires du Québec (OIIAQ) veut mettre de l’avant ses membres qui travaillent dans l’ombre, mais qui font toute la différence par leur humanité et leur bienveillance. La websérie Alter ego démontre l’importance du rôle des soignants dans les moments marquants de nos vies et que nos histoires sont toutes liées de près ou de loin.

Isabelle Gagnon est infirmière auxiliaire à l’Hôpital de Saint-Jérôme (Bloc U).

« En fait, j’ai eu mon entrevue pour l’emploi à l’Hôpital de Saint-Jérôme au CISSS des Laurentides cinq ans, jour pour jour avec mon dernier traitement de radiothérapie », nous raconte Isabelle en entrevue.

L’Ordre a envoyé un courriel pour trouver des histoires inspirantes auprès de ses membres et qui ont eu un impact sur la profession.

« Je me suis sentie interpellée parce que mon histoire est directement reliée à mon choix de devenir infirmière auxiliaire », explique Isabelle. Avant d’avoir ses enfants, elle étudiait la géographie à l’université. Puis elle a fait une pause parce qu’elle a eu ses enfants. Elle a été sept ans à la maison.

C’est la maladie qui m’a amené à faire ça parce qu’à la suite de mon cancer, j’étais dans l’urgence de vivre, de faire quelque chose qui avait un impact. Puis c’était dans le temps de la COVID, le gouvernement cherchait des moyens pour attirer des infirmières, infirmières auxiliaires, du personnel dans le domaine de la santé. « J’avais cet appel, ce besoin de redonner au système qui m’a sauvé la vie. Lorsque je recevais mes traitements, j’ai côtoyé beaucoup de personnel de la santé qui a eu un impact positif sur ma propre guérison. J’ai ce pouvoir-là aussi de changer, que ce soit une petite chose dans la vie de quelqu’un qui est malade ou qui est en attente de diagnostic. Si je peux apporter un petit peu de bonheur et d’humanité. »

Geneviève et Isabelle, tout en complicité

Affronter le cancer pendant une grossesse : c’est l’épreuve inimaginable qu’ont traversée Geneviève Everell et l’infirmière auxiliaire Isabelle Gagnon. Unies par leur courage et leur urgence de vivre pleinement, les deux mamans racontent comment elles sont parvenues à traverser cette période sombre. Sur la route sinueuse de la maladie, Isabelle a trouvé sa voie : celle des soins.

« La différence entre Geneviève et moi, elle a commencé ses traitements après la naissance de l’enfant. De mon côté j’ai fait de la chimio avec un bébé dans le ventre. J’ai fait deux cycles de chimio. Quand j’ai eu ma césarienne à 35 semaines, j’avais plus de cheveux et mon bébé est sorti, et elle, elle était pleine de cheveux.  Selon ce que les nouvelles études démontrent, il y aurait moins de danger ou d’impact négatif de faire ça comme ça au lieu de sortir le bébé à 27 semaines accueillir un très grand prématuré. Un néonatologue m’avait dit : chaque jour de plus dans l’utérus pour le bébé, c’est la meilleure chose.

Isabelle est maman de trois enfants, un garçon de 11 ans, une fille de 8 ans et sa petite dernière qui a maintenant 6 ans.

Deux infirmières auxiliaires des Laurentides

Lorsque l’Ordre des infirmières et infirmières auxiliaires du Québec a fait ce projet-là, il a proposé quatre histoires, donc quatre capsules. « Nous avons été chanceux parce que nous avons deux représentantes du CISSS des Laurentides qui ont été sélectionnées. »

Mélanie et Martine

Vivre pleinement le moment présent : c’est la leçon que la maladie d’Alzheimer de leurs mamans a imposée à Mélanie Maynard et à l’infirmière auxiliaire Martine Desautels. Voyant les souvenirs de leurs mères s’envoler à petit feu, elles ont continué à écrire leur histoire autrement. Pour Martine, cette épreuve a renforcé son chemin vers le milieu des soins, où elle fait aujourd’hui une réelle différence auprès des aînés à domicile.

Ces deux infirmières auxiliaires font partie des 32 000 infirmières et infirmiers auxiliaires de la province, dont le travail est trop souvent confondu avec celui des infirmières. À l’occasion de leur journée, il est temps de reconnaître pleinement le rôle essentiel qu’ils jouent auprès de la population, par les soins de qualité qu’ils prodiguent.

Pour visionner la série : www.oiiaq.org/alterego

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