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L'usine Mueller ferme subitement

Par henri_prevost

Saint-Jérôme. La fonderie Mueller de Saint-Jérôme a fermé ses portes jeudi, condamnant au chômage environ 80 personnes, tout juste une semaine avant Noël.

Les employés ont appris la mauvaise nouvelle le jour même, quand la direction les a réunis à la fin de leur quart de travail. Personne ne s’y attendait visiblement et la colère était palpable chez plusieurs travailleurs rencontrés à la sortie de la réunion.

« Souhaitez-nous Joyeux Noël dans le journal. Ça va être moins sauvage qu’eux autres ! », a vociféré un travailleur. Dans leurs véhicules, des gardiens de sécurité étaient prêts à intervenir en cas de débordements et trois voitures de police étaient même garées non loin de l’usine.

La frustration était d’autant plus grande que les 71 employés de production, syndiqués avec Unifor, avaient renouvelé il y a moins d’un mois leur contrat de travail.

Vendue à un concurrent

L’usine, une division de la société américaine Mueller, fabriquait des couvercles de trous d’homme et d’autres pièces de fonte pour les réseaux d’égout et d’aqueduc. Selon ce qu’on a expliqué aux travailleurs, la fermeture découle de sa vente à une entreprise concurrente, qui n’a toutefois acheté que la clientèle, l’inventaire et la machinerie, mettant ainsi fin aux opérations à Saint-Jérôme.

Malgré sa surprise, la conseillère syndicale Diane Mimeault admet avec le recul que le règlement rapide des dernières négociations pouvait être un indice de ce revirement. « Au départ, l’employeur voulait sabrer dans les conditions de travail, mais avait laissé tomber ses demandes en trois jours de pourparlers », explique-t-elle. «C’était bizarre…»

La situation de ces travailleurs licenciés est d’autant plus tragique que beaucoup sont âgés. Certains d’entre eux avaient même plus de 40 ans d’ancienneté. « Ils ont passé leur vie chez Mueller », rappelle Mme Mimeault, constatant qu’il leur sera très difficile de trouver un nouveau travail.

Un comité de reclassement sera mis sur pied en collaboration avec Emploi Québec. L’entreprise se serait par ailleurs engagée à respecter toutes ses obligations à l’égard des employés, qui continueront entre autres à recevoir leur salaire pendant huit semaines. Au moment où ces lignes étaient écrites, nos appels à la direction étaient restés sans réponse.

Une institution à Saint-Jérôme

La Mueller était une véritable institution à Saint-Jérôme. Au départ connue comme la fonderie Rochon, l’usine est établie depuis le milieu du siècle dernier sur la rue Castonguay, en plein cœur de la ville.

Cet emplacement n’était d’ailleurs pas idéal pour une telle industrie lourde. Sa cohabitation avec des résidences et l’école secondaire Frenette n’a pas toujours été facile, et ces voisins seront sans doute heureux de voir l’usine disparaître.

Il reste que l’avenir de cet emplacement suscite déjà des préoccupations. Tout en soulignant son énorme potentiel de développement, le maire Stéphane Maher admet que le terrain est probablement contaminé par des décennies de production industrielle. « La Ville va prendre tous les moyens légaux possibles afin de ne pas nous retrouver avec une cicatrice géante en pleine ville », a-t-il confié au journal.

M. Maher s’est dit par ailleurs « consterné » par la nouvelle « étonnante » et a dénoncé « cette façon de traiter les travailleurs ».

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