Le Café Fougère, là où culture et entraide se rencontrent

Par Alexane Taillon-Thiffeault

Le Café Fougère, à Saint-Jérôme, poursuit sa mission de créer un lieu de rencontre inclusif et accessible, où se croisent culture, entraide et vie communautaire.

Lors d’un récent jeudi musical, l’organisme Les Petits Frères était invité à présenter sa mission auprès des personnes aînées isolées, alors que l’artiste émergente Laurence Vialle assurait la portion musicale de la soirée.

Un lieu de rencontre accessible

Ouvert depuis bientôt cinq ans, le Café Fougère s’est progressivement transformé en véritable milieu de vie, explique sa directrice Vicky Aubin. « Au début, c’était ouvert quelques jours par semaine. Aujourd’hui, on est ouvert du lundi au vendredi et on fonctionne grâce à 28 bénévoles », souligne-t-elle. Le café emploie maintenant quatre personnes et accueille aussi des participants en insertion sociale ou en intégration au travail.

Chaque jeudi, le café prolonge ses heures d’ouverture afin d’offrir gratuitement des spectacles d’artistes émergents. « On invite les gens à consommer sur place, mais il n’y a aucune obligation. Ça permet à tout le monde, peu importe le revenu, de profiter d’une activité », explique Mme Aubin.

Selon elle, cette formule s’inscrit directement dans la mission du Café Fougère, axée sur la promotion d’une santé mentale positive par l’inclusion sociale. « Les gens cherchent à faire des activités sans vider leur compte de banque. Beaucoup se sentent seuls aussi. Ici, tout le monde est bienvenu. »

Depuis environ un an, les jeudis musicaux servent également de vitrine à différents organismes communautaires de la région. L’idée est née d’un désir de mieux connecter les acteurs du milieu entre eux et de faire connaître les services disponibles dans la communauté.

« On a beaucoup d’organismes à Saint-Jérôme, mais on ne travaille pas toujours ensemble. Je voulais créer des ponts », explique la directrice. « Les gens ne connaissent pas tous les services offerts par le communautaire. Pourtant, sans eux, ça coûterait beaucoup plus cher à la société. »

Les Petits Frères brisent l’isolement

Ce soir-là, Les Petits Frères occupait donc l’espace avant la prestation musicale. L’organisme accompagne des personnes âgées souffrant d’isolement, notamment grâce à des jumelages avec des bénévoles. Devant les personnes réunies au café, plusieurs témoignages ont été partagés sur l’importance de ces liens humains.

La coordonnatrice de l’équipe de Saint-Jérôme, Trycia Bélanger, a rappelé les besoins grandissants dans la région. « On a des années d’attente partout à Saint-Jérôme. Il y a beaucoup d’aînés isolés », a-t-elle expliqué lors de la présentation.

Mme Bélanger affirme que les activités publiques comme celles du Café Fougère permettent à l’organisme de gagner en visibilité et de rejoindre de nouveaux bénévoles. « Il faut être partout, dans plein d’événements différents. Je ne suis pas capable de me dédoubler », dit-elle en riant.

La coordonnatrice souhaitait aussi faire participer certains aînés et bénévoles à la soirée afin de les sortir de leur isolement. Une dizaine de personnes liées à l’organisme étaient présentes, dont plusieurs jumelages bénévoles-aînés. Durant la présentation, des témoignages particulièrement touchants ont été livrés. Un aîné a notamment décrit Les Petits Frères comme étant devenus « sa famille ».

« Il nous a dit qu’il avait retrouvé la lumière au bout du tunnel grâce à nous. On ne s’habitue jamais à entendre ça », confie Mme Bélanger.

L’importance du bénévolat

L’organisme insiste également sur l’importance de l’engagement bénévole, peu importe le temps disponible. « Il n’y a pas d’âge pour être bénévole et il n’y a pas non plus un nombre d’heures minimum pour faire une différence », souligne-t-elle.

Au fil de la soirée, les spectateurs ont continué d’entrer dans le petit café de quartier, rapidement rempli à pleine capacité. Pour Mme Aubin, cet engouement confirme le besoin de tels espaces dans la communauté.

« Notre objectif, c’était vraiment de créer un rendez-vous hebdomadaire. Et on le voit aujourd’hui. Les gens reviennent, se parlent, créent des liens », conclut-elle.

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