(Photo : France Poirier)
L’urgence du Book humanitaire a fermé ses portes le 1er octobre.
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Fin de l’urgence du Book Humanitaire

Par France Poirier

L’urgence du Book humanitaire, située sur la rue du Souvenir à Saint-Jérôme (local des anciens combattants), a fermé ses portes le 1er octobre à la grande désolation de Rachel Lapierre du Book humanitaire.

« Nous avons dû prendre cette décision à la suite d’un avis d’éviction par le propriétaire et comme nous ne trouvons pas d’autre local, nous devons fermer nos portes. Je suis inquiète pour les personnes que nous desservions. Notre clientèle est celle au bas du seuil de l’itinérance et nous sommes les seuls à s’occuper de cette clientèle », a confié Rachel Lapierre.

Rachel Lapierre fondatrice du Book humanitaire.

Rachel Lapierre fondatrice du Book humanitaire.

La halte-répit du Book humanitaire aidait près de 80 itinérants à Saint-Jérôme. Celleci n’était pas un service d’hébergement, mais elle était ouverte de 18 h à 6 h.

« Nous n’avons pas le choix. Par ailleurs, notre bureau sur la rue Brière demeure ouvert. Nous nourrissons plus de 500 personnes par jour, dont 400 repas que nous livrons à des personnes âgées qui ne mangent pas. On aide aussi des familles immigrantes. Puis, nous avons le frigo libreservice que l’on remplit trois fois par jour, les gens viennent se servir. On ne lâche pas. On réalise 458 000 actions dans l’année. La halte était uniquement pour l’itinérance. Nous avons notre unité mobile qui se déplace pour offrir des soins aux gens dans la rue dans toute la région », explique-t-elle.

Cohabitation difficile

La Ville avait fait parvenir quatre avis de non-conformité au propriétaire de la bâtisse sur la rue du Souvenir. C’est à la suite de ces avis que celui-ci a émis un avis d’éviction à son locataire, le Book humanitaire.

« On avait tout de même décidé de quitter parce que c’était difficile avec le voisinage. Les gens ont été patients, mais la réalité est qu’il y a un problème et on doit trouver des solutions », explique Rachel Lapierre.

La cohabitation avec les voisins n’était pas facile sur la rue du Souvenir, rapportait le Journal au début du mois de septembre. Des gens s’étaient plaints au conseil municipal et la police devait s’y rendre régulièrement. « Oui, il y avait des personnes en situation d’itinérance qui fréquentaient ce lieu, mais aussi des gens qui s’infiltraient et faisaient des problèmes », nous a confié le maire.

Unité mobile d’itinérance

Le Book humanitaire a proposé un autre service à Saint-Jérôme avec un camion transformé en unité mobile qui offrira des repas et des couvertures. L’organisme ira à la rencontre des personnes dans la rue. Ce sera un moyen pour eux de rejoindre les personnes où elles seront.

« On espère que tout le monde pourra se retrouver à La HUTTE. Si ça arrive, tant mieux. La réinsertion, c’est fantastique. Nous, on couvrait le bas seuil de l’itinérance, soit environ 80 personnes », rapporte Mme Lapierre.

« On est un peu inquiets parce qu’il y a des gens qui ne sont pas prêts pour la réinsertion. On est un peu comme la maternelle. La personne qui n’est pas prêt à entrer en première année, on doit pouvoir l’aider. Le chemin n’est pas le même pour tout le monde. C’est pour ça qu’on était là, comme le dernier filet de sécurité. Ce n’est pas la même clientèle. C’est inquiétant avec l’hiver qui s’en vient », soutient la fondatrice du Book humanitaire.

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