(Photo : Nordy - Sébastien Fleurant)
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Fermeture de Chez Melo : La propriétaire se tourne vers le travail social

Par Aurélie Moulun

Après 9 ans de service, le restaurant Chez Melo à Saint-Colomban fermera ses portes après le 2 novembre 2022. Sa propriétaire, Marie-Lyne Melo passe à un autre chapitre de sa vie à l’âge de 36 ans : le travail social.

Marie-Lyne étudie déjà depuis un an le Travail social au Cégep de Saint-Jérôme. Mais la charge des enfants, des études et du restaurant devenait de plus en plus difficile à gérer.

« Chez Melo, c’est du 7 jours sur 7. Les premières années, je dormais même parfois ici pour faire les patates. Quand on blanchi, on en passe des frites ici. Le jour, il faisait tellement chaud pendant les canicules et, avec le bar laitier, je ne voulais pas faire un cornet pour qu’il fonde immédiatement. Mes employés ont ri de ma chaise longue rouge en arrière, ils m’en parlent encore aujourd’hui ! », lance-t-elle en riant.

Dans le décor colombanois depuis 2013, Chez Melo constituait à la fois un casse-croûte et une crèmerie. « Être gestionnaire et entrepreneure, ça demande beaucoup d’énergie. Chez Melo, c’était quand même deux business dans la même bâtisse. J’étais fatiguée d’amener mon travail à la maison, j’ai vraiment le goût de décrocher », explique-t-elle au Journal.

Relation d’aide

En entrevue, elle raconte qu’elle a pris du temps avant de réaliser que le travail social était le domaine qui lui convenait. « Honnêtement, je ne l’avais pas réalisé. Travailleuse sociale, ç’a juste cliqué l’année passée ! J’avais un peu oublié que ça existait et c’est une employée qui m’en a parlé. Ce n’était pas fou comme idée ! On ne voit pas le sang et on est en relation d’aide. Et j’adore ça, ce n’est pas une corvée pour moi d’aller à l’école », souligne Marie-Lyne.

Aujourd’hui, elle souhaiterait travailler avec les réfugiés immigrants, elle-même issue de parents immigrants portugais. « Ça m’intéresse beaucoup et ça m’interpelle. C’est sûr que je veux aider des gens qui sont vraiment dans le besoin. Les hommes victimes de violence conjugale, ça m’interpelle aussi. »

Melo et les belles rencontres

Ce qui l’a le plus marqué au cours de toutes ces années, ce sont « les belles rencontres » qu’elle a pu faire. « Saint-Colomban, c’est familier, ce sont les mêmes visages. Je commençais à connaitre leur nom, les familles, etc. J’avais une proximité avec la clientèle, c’est ce que j’ai aimé beaucoup. Et grâce au restaurant, j’ai pu bénéficier à certaines personnes en faisant des levées de fonds par exemple », ajoute-t-elle. Marie-Lyne est très reconnaissante envers ses clients, glisse-t-elle en étouffant un sanglot.

Elle caresse toujours le rêve de devenir pompière, chose qui ne lui serait jamais venue en tête sans son restaurant. « Si l’idée m’est venue c’est à force de côtoyer les pompiers qui venaient souvent manger ici, en me liant d’amitié avec eux et en discutant de leur métier. »

Avenir

Le bâtiment appartient désormais à son frère. Elle ne sait pas encore exactement ce qu’il compte faire de l’endroit. « Je pense qu’il va rester dans la même lignée, mais avec un concept différent. Je ne pense pas que le bar laitier va rester ici, mais peut-être un service au volant ».

Une fois que son restaurant sera officiellement fermé, Marie-Lyne en profitera pour faire une dernière action bénévole. « Jeudi, s’il reste de la nourriture, j’ai dit qu’on ferait des sandwichs pour les sans-abris. On va aller distribuer ça à Saint-Jérôme », dit-elle.

Puis, la première chose qu’elle fera une fois son restaurant fermé ? « Je vais prendre deux bonnes semaines de vacances ! », lance-t-elle pleine d’humour.

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