(Photo : Médialo - Luc Robert)
Les co-auteurs Guillaume Ringuette et Tristan Fortin ont lancé un ouvrage sur le développement des hockeyeurs québécois.

Équipe Québec : un ouvrage lancé sur l’avenir du hockey québécois  

Par Luc Robert

Un essai sur la situation actuelle du hockey québécois, publié le jeudi 4 juin dernier à Boisbriand, suggère la création d’Équipes Québec de développement.

Publié aux Éditions du Québécois, le livre de 260 pages se trouve en librairie partout au Québec.

Intitulé Quelque chose comme une grande équipe – Pour prendre notre sport national au sérieux, l’ouvrage est co-signé par Guillaume Ringuette et Tristan Fortin, deux diplômés des HEC Montréal et de Polytechnique Montréal.

L’essai propose une relecture ambitieuse, documentée et actuelle du hockey québécois, via ses rouages version 2026.

Le même soir, le lancement public du livre a attiré près de 250 personnes, pour célébrer la sortie de l’essai et couronner trois années d’efforts soutenus de recherches et de production.

« Le Québec doit construire les conditions qui rendront sa présence inévitable »

– Guillaume Ringuette

Pas trop tard

À la fois ouvrage d’analyse, manifeste sportif et proposition de politique publique, le bouquin soutient que le déclin du hockey au Québec n’est pas une fatalité, mais le résultat de choix institutionnel, économique et politique, qu’il est encore possible de corriger.

Au cœur de la démarche se trouve une idée simple : « le Québec doit se doter de ses propres équipes nationales de hockey et d’un véritable programme national de développement, autonome dans sa conception, sa gouvernance et ses objectifs. »

Les auteurs ne présentent pas cette proposition comme un simple symbole identitaire. Ils y voient un levier concret pour améliorer la formation des athlètes, exposer les meilleurs espoirs québécois à la compétition internationale, renforcer la cohésion collective et redonner au hockey sa fonction de grand langage commun.

« Le Québec n’a pas à attendre qu’on lui accorde une place. Il doit construire les conditions qui rendront sa présence inévitable. Équipe Québec de hockey (masculine et féminine) serait à la fois un outil de développement, une vitrine internationale et un symbole puissant de confiance collective », ont affirmé en cœur Guillaume Ringuette et Tristan Fortin devants les caméras.

Élitisme financier

Les auteurs consacrent aussi une part importante du livre à la transformation du hockey mineur. Ils dénoncent l’élitisme financier, la sur-structuration, la disparition progressive du jeu libre (modèle européen) et l’affaiblissement de la culture populaire « qui nourrissait autrefois la créativité du joueur québécois ». Ils soutiennent que le hockey est devenu trop coûteux, trop segmenté et trop dépendant d’une logique d’utilisateur-payeur, ce qui exclut plusieurs familles et réduit le bassin de talents.

« On a évalué le progrès du hockey en 5 sections. En 2010, une étude révélait que des investissements dans le sport étaient rentables. Nous disposons de plus du 4e bassin mondial de hockeyeurs. Comment se fait-il alors que le plan de match n’a pas été mis à jour par les autorités ? », a questionné tout haut Tristan Fortin.

Rôle historique

L’ouvrage revient également sur le rôle historique du Canadien de Montréal comme première forme « d’équipe nationale » pour les Canadiens-français, puis pour les Québécois. À travers les figures de Maurice Richard, Jean Béliveau et Guy Lafleur, les auteurs montrent comment le hockey a accompagné les grandes mutations du Québec moderne.

L’analyse accorde une place importante aux Nordiques de Québec, présentés comme une équipe ayant poussé plus loin encore l’incarnation explicite de la spécificité québécoise. La rivalité avec le Canadien n’est pas décrite seulement comme un affrontement sportif, mais comme une lutte pour la légitimité symbolique de représentativité.

« Selon nous, le château de cartes est tombé quand Serge Savard a été congédié en 1995. Les deux clubs cherchaient à enrôler jusque-là les meilleurs francophones. Le déménagement des Nordiques a ensuite neutralisé le développement québécois, en quelques sorte », a ébauché Guillaume Ringuette.

Créer des Équipes Québec

La proposition centrale des auteurs consiste à mettre sur pied un programme national de développement québécois pour les meilleurs espoirs de 16 à 18 ans, tant chez les hommes que chez les dames. Inspiré notamment du Programme national de développement américain, du modèle de Clairefontaine en France et des bonnes pratiques observées en Europe, ce programme regrouperait les meilleurs talents sous la bannière d’Équipe Québec.

Le programme serait appuyé par un réseau universitaire québécois modernisé. Cette avenue permettrait, croient-ils, de mieux concilier développement sportif et parcours académique, de retenir les talents qui partent aujourd’hui vers les universités américaines, et de créer au Québec un véritable pôle d’excellence. Les joueurs seraient encadrés par des entraîneurs à temps plein et des spécialistes en performance, en préparation mentale, en nutrition, en médecine sportive et en gestion du développement à long terme.

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