(Photo : gracieuseté Robert Charron )
Robert Ladouceur, ancien-exproprié, ainsi que son petit-fils, (anonyme) à l'autre extrémité.

Dossier TGV : plus de 1 000 personnes attendues à Ottawa 

Par Luc Robert

Plusieurs convois de citoyens et d’agriculteurs inquiets convergeront dès ce mercredi 10 juin vers Ottawa, afin de participer à une manifestation devant le Parlement fédéral au sujet du tracé éventuel du train à grande vitesse (TGV).

Des groupes de Mirabel, de Rigaud et plusieurs municipalités rurales de l’Est-ontarien convergeront vers le pont Alexandra de Gatineau vers 11h30, au-dessus de la rivière des Outaouais, afin d’amorcer ensemble une marche citoyenne sous supervision policière.

« Pour les gens des Laurentides, le point de rencontre se situe à l’épicentre de la première expropriation pour l’aéroport, soit le stationnement de l’église de Sainte-Scholastique, à Mirabel. Le départ des autobus est prévu à 9 h 30 et le transport est gratuit, en autant que l’on s’inscrive à l’avance (gota.information@gmail.com). Une dizaine d’orateurs viendront sensibiliser les politiciens, de midi à 15h30, devant le parlement à Ottawa. Apportez vos lunchs et rafraîchissements », a demandé le conseiller du district 3 à Mirabel, Robert Charron, co-organisateur de la démarche.

Les syndicats locaux des UPA de Mirabel, d’Argenteuil et de Deux-Montagnes, l’Association des Agriculteurs Touchés par le TGV Alto (AATTA), ainsi que le Groupe opposition au TGV Alto (GOTA) espèrent attirer le plus de gens possible sur place.

« Face au refus de propriétaires fonciers d’accorder l’accès physique à leurs terres aux sondeurs, Alto se tourne maintenant vers les drones, pour effectuer leurs études des terrains dans les Laurentides, l’Outaouais et l’Est-ontarien. Alto prend tous les moyens pour parvenir à ses fins. Cela pose des sérieuses questions éthiques: que vaut un refus, s’ils passent quand même par-dessus ? Que vaut une entente de gré à gré si vous êtes exproprié de toute manière ? », a soulevé Simon Duval, président de la Fédération de l’UPA de Lanaudière, un autre secteur scruté à la loupe par le fédéral.

Tracteurs limités

Les organisateurs et marcheurs pourront s’exprimer sur la colline parlementaire, mais les corps policiers (PPO, d’Ottawa, GRC et SQ) ne permettront pas de coups d’éclats.

« On veut passer le message clair à Mark Carney que c’est un non-sens d’utiliser les drones, même au crépuscule, pour mener leurs études. Ils ont affolé des bêtes et les gens perdent leur intimité avec cette nouvelle mesure. Les craintes des agriculteurs ont été empirées par une méfiance accrue devant les possibles expropriations. Nous avons tenu des discussions avec la SQ et autres corps policiers ontariens. Nous voulons que ça reste pacifique. On utilisera peut-être un ou deux tracteurs, mais depuis les manifs des camionneurs en hiver, la rue Wellington a été réaménagée et on ne peut plus stationner devant le parlement », a jouté M. Charron.

« On ne laissera pas faire »

– Robert Charron

Des règlements à suivre, sur la Colline du Parlement, seront aussi en vigueur: https://hill-colline.parl.ca/pdf/CUPH-Rules-f.pdf

Ceux qui se rendront en voiture à Ottawa, pourront garer leur véhicule à des stationnements gratuits et payants, disponibles du côté québécois, entre le pont Alexandra et le pont du Portage.

Garon s’insurge

Pour sa part, le député Mirabel, Jean-Denis Garon, ne décolère pas face au fédéral.

« Pendant qu’Alto sème la panique dans nos communautés, envoie des drones dans nos champs, menace des propriétaires et que le fédéral contourne nos droits avec le projet de loi C-15, les libéraux accordent près de 3 M$ en primes aux dirigeants d’Alto, aux frais des contribuables. Ça veut dire 6 000 $ par terre agricole menacée d’expropriation par le TGV. Les familles de chez nous se battent pour protéger leur terre et Ottawa récompense ceux qui veulent leur enlever. C’est enrageant ! », a haussé le ton le député bloquiste.

Son collègue au municipal, Robert Charron, a renchéri : « Le milieu agricole ne veut pas du TGV dans sa forme actuelle. Trop de questions, aucune garantie, et un sentiment grandissant d’être ignoré par les décideurs. Le gouvernement fédéral avance à l’aveugle, pendant que nos producteurs, eux, risquent de tout perdre. On ne laissera pas faire », a-t-il tranché.

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