Descente à bateau : Saint-Hippolyte ne pourra aménager une rampe d’accès avant un an
Par Luc Robert
Un terrain dont la municipalité de Saint-Hippolyte s’est portée acquéreuse, sème des craintes parmi des propriétaires au lac Connelly. La mairesse a toutefois assuré que le lieu ne servira pas de descente publique, mais possiblement d’entrée de service au plan d’eau pour la Sûreté du Québec et la patrouille nautique municipale.
À une séance de vente pour défaut de paiement de taxes du 11 juin 2026 de la MRC-RDN, Saint-Hippolyte a acquis un terrain riverain de la 135e avenue. Sa mise à prix se trouvait à 497 $ (plus divers frais), alors que la valeur municipale se situe à 30 100 $, selon le lien du registre officiel.
« Des citoyens m’ont demandé de vérifier les rumeurs voulant que Saint-Hippolyte veuille faire de cet accès piétonnier une descente à bateau. Depuis juin, la transaction est faite. Saint-Hippolyte ne pouvait-elle pas aviser la population de ses intentions quant au dit terrain ? On parle d’un accès piétonnier, dont la dernière partie est escarpée et le bord de lac rocheux. J’ai fait des démarches auprès de la directrice générale de la municipalité. On a convenu de se rencontrer à ce sujet à son retour de ses vacances », a souligné le citoyen Daniel Brais.
De son côté, la mairesse Isabelle Poulin a tenu à rassurer les résidents du secteur Connelly.
« Il n’a jamais été question d’en faire une descente publique, comme au lac de l’Achigan, par exemple. On n’a même pas encore testé les lieux à savoir si une vocation ou une autre est envisageable. L’administration a profité d’une occasion de défaut de taxes pour acheter le terrain à prix d’aubaine. Certains ont évoqué la possibilité d’en faire un accès pour la SQ et notre patrouille nautique. On me dit que ce n’est pas très large. Je ne suis même pas encore allé voir l’endroit. Alors, il est prématuré d’élaborer le dossier. On va évaluer si on peut utiliser ou pas le terrain. Si ça ne fonctionne pas, on le revendra », a-t-elle démystifié.
« On n’a même pas encore testé les lieux à savoir si une vocation ou une autre est envisageable »
– Isabelle Poulin, mairesse
Résolution
Au procès-verbal de la séance municipale du 14 avril 2026 de Saint-Hippolyte, on apprend d’une résolution que « considérant la liste des arrérages de taxes pour l’année 2024, conformément à l’article 1038 du Code municipal du Québec, la municipalité peut enchérir et acquérir les immeubles situés sur son territoire qui sont mis en vente pour taxes municipales ou scolaires. (…) En conséquence, la résolution lui a permis d’acquitter le prix d’adjudication requis (du terrain) jusqu’à un montant maximum de 50 000 $ pour l’acquisition d’immeuble(s) visé(s) par la vente d’immeubles pour défaut de paiement de taxes municipales à même le surplus accumulé».
Clarté
Le citoyen Daniel Brais reste conscient que la municipalité ne pouvait statuer sur le sujet dès le mois d’avril, alors qu’elle a adopté une résolution sur le terrain disponible.
«C’est certain que la municipalité ne pouvait pas identifier leur intérêt dès avril, mais c’est devenu flou ensuite, sans réponse claire, en juin. Il faut savoir que le propriétaire peut payer ses taxes et aérages en dedans d’un an et reprendre son droit de propriété. De plus, la municipalité a-t-elle fait des recherches pour les droits notariaux des gens des environs (droits de passage et possibles servitudes de voisins), avant de considérer faire autre chose avec cet accès piétonnier ? Il pourrait exister une problématique à ce niveau», a-t-il soulevé.
Craintes du passé
L’ancienne administration de l’Association des propriétaires et amis du lac Connelly (APALC) avait proposé au conseil municipal de l’époque de se faire financer pour l’achat d’un terrain qui servirait de rampe publique de mise à l’eau. L’idée n’a jamais abouti.
« Il existe un historique de craintes chez les propriétaires riverains du lac Connelly. Ils ont vécu l’épisode des algues bleues vertes, dans les années 1980. L’administration actuelle de l’APALC a récemment fait installer des toiles dans quelques sections du lac, pour contrer le myriophylle à épis. La stabilité de ce petit plan d’eau demeure fragile. Plusieurs gens craignent de voir davantage de planches ou d’embarcations nautiques de l’extérieur, qui seraient mises à l’eau sans un lavage de décontamination. Et si une descente publique est autorisée, ils voient déjà les frais du personnel et une station de lavage s’accumuler sur leur compte de taxes. Il faut savoir que plusieurs propriétaires riverains n’ont pas d’accès pour faire mouiller leur embarcation», a confié un observateur qui a préféré l’anonymat.