| Par Simon Cordeau

Compter des votes, c’est long

Le soir des élections, on attend toujours les résultats avec fébrilité. Mais cette année, ceux-ci tardaient à arriver pour bien des municipalités de la région. Survol du processus derrière le dépouillement des votes.

Me Marie-Pier Pharand, présidente d’élections de la Ville de Saint-Sauveur, croit que son équipe a fait un excellent travail. « Non, les résultats sont sortis relativement tôt, vers 22h00. C’est satisfaisant et normal pour un scrutin comme le nôtre. »

Pour le président des élections à Sainte- Sophie, Matthieu Ledoux, la soirée électorale a été difficile avec des enjeux de personnel notamment. « On a dû faire face à un manque de personnel, alors que des personnes qui avaient fait leur formation pour travailler aux élections ne se sont pas présentées le jour du vote. Puis, certaines personnes qui avaient travaillé lors du vote par anticipation ne sont pas venus pour le dépouillement ». Il semble qu’on ait eu aussi à faire face à des ennuis informatiques.

Les résultats de Sainte-Sophie sont sortis très tard. Le lendemain matin, ils n’étaient pas encore affichés sur le site officiel d’Élections Québec.

À Saint-Jérôme, on avait créé une page web pour afficher les résultats en direct. Les données étaient mises à jour régulièrement. On pouvait donc suivre au fur et à mesure qu’une boîte de scrutin était comptabilisée.

Le processus

Il faut savoir que le processus pour dépouiller les votes est complexe et rigoureusement encadré, pour éviter toute erreur ou fraude possible.

D’abord, le dépouillement ne peut pas commencer tant qu’il y a encore des électeurs, qui n’ont pas tous quitté à 20h00 tapante. Après, les bureaux de vote doivent être fermés. « Le processus de fermeture peut prendre une vingtaine de minutes pour les plus rapides, mais ça peut aller jusqu’à 45 minutes. En moyenne, ça prend 30 minutes, donc il n’y a aucun résultat avant 20h30 », détaille Me Pharand.

Il faut ensuite comptabiliser le nombre de bulletins de vote inutilisés, d’électeurs qui ont voté ce jour-là ainsi que de bulletins de vote annulés, puis s’assurer que tout concorde. « Il peut arriver que ces chiffres ne balancent pas », explique Me Pharand, soulignant que ces erreurs peuvent retarder le processus.

Enfin, on peut ouvrir l’urne. Mais avant de compter, il faut séparer les couleurs! À Saint-Sauveur, les électeurs recevaient huit bulletins à remplir, pour la mairie, la préfecture et les six conseillers municipaux.

Maintenant, on peut commencer à compter. Me Pharand indique qu’il faut au moins 15 secondes pour dépouiller chaque bulletin. Il faut vérifier la marque de l’électeur d’un côté et les initiales du scrutateur de l’autre. Le tout devant le regard attentif de représentants des candidats (s’il y en a) ou d’un secrétaire d’élections, pour assurer la validité du résultat.

Et une fois que les votes de la journée même sont comptés, il faut faire ceux du vote par anticipation. « C’est ça, les formalités qui expliquent pourquoi c’est long. »

Imprévus

La pandémie a aussi compliqué le travail. Plus de jours de vote par anticipation ont permis à plus d’électeurs de voter à leur convenance, mais ont aussi amené de nouveaux imprévus.

À Saint-Sauveur, par exemple, 274 électeurs ont voté au bureau de la présidente d’élection. Toutefois, ces votes doivent être dépouillés par la même équipe qu’une boîte qui ne contient que 50 bulletins, ce qui demande beaucoup plus de temps. C’est pourquoi les derniers résultats pour la municipalité sont sortis tard dans la nuit. « Je suis heureuse d’avoir offert cette modalité-là. Ç’a sorti plus tard parce que ç’a été populaire. L’important avant tout, c’est que les gens viennent voter », rappelle Me Pharand.

« On fait ça juste une fois aux quatre ans. C’est ma première élection à Saint-Sauveur. Ce n’est pas notre travail à temps plein. Il faut coordonner plus d’une centaine de personnes, que chacune comprenne son rôle et ses limites, prévoir que tout le monde puisse manger, prendre une pause, aller aux toilettes, etc. Certaines peuvent être malades ou avoir un malaise. C’est comme organiser un mariage à 1 000 personnes! », illustre Me Pharand.

Avec la collaboration de France Poirier

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