Tanya Millette de Saint-Jérôme est reconnue comme une des meilleures officielles de la relève.

| Par Luc Robert

Tanya Millette préfère la police à l’aventure américaine

La Jérômienne Tanya Millette a préféré la stabilité de sa carrière de policière à la Régie Thérèse-de-Blainville et son entourage familial, à une offre de contrat d’arbitre de baseball dans les ligues mineures américaines.

L’officielle de 25 ans est reconnue comme une des meilleures de la relève des Laurentides, sinon au Québec.

« Je reviens de la Floride, après un stage d’apprentissage et de pratique. Je devais aller à l’école d’Hunter Wendelstedt (fils de la légende de l’arbitrage Harry), à Daytona, mais un permis de séjour retardé et des délais administratifs m’en ont empêchée. J’ai pu finalement participer au cours avancé de développement des arbitres des ligues mineures, à Vero Beach (ex-Dodgertown) », a-t-elle confié.

La Québécoise a suffisamment impressionné pour obtenir une offre des ligues mineures du programme de développement des LMB (Ligues majeures de baseball).

« Après une semaine, ils m’ont offert un contrat. Seulement 3 % des arbitres atteignent toutefois les ligues majeures. Après avoir pesé le pour et le contre, j’ai préféré demeurer auprès de mon conjoint, qui évolue dans la Ligue de baseball majeure du Québec (LBMQ), avec Coaticook. J’ai aussi un emploi que j’adore dans la police », a-t-elle expliqué.

La Jérômienne arbitre depuis 12 ans et officie depuis 2 ans au niveau senior élite. Elle prend aussi son tour régulier dans le junior élite québécois et le midget AAA.

« J’espère pouvoir faire le marbre cette année, dans la LBMQ. Je me débrouille bien dans la majorité des situations, même dans le système à trois arbitres. J’ai fait une partie de remplacement… où mon conjoint jouait. Les joueurs ont vite constaté mon impartialité pour les deux clubs et je n’ai reçu aucun commentaire. »

Partie remise?

L’arbitre ne met pas une croix définitive sur une carrière à un haut niveau un jour.

« Je suis diplômée de Nicolet (École nationale de police du Québec) en 2021. J’ai un bon emploi dans la police. Il aurait fallu beaucoup de sacrifices dans une carrière américaine. Je ne dis pas que c’est impossible d’atteindre le AAA ou les majeures, surtout qu’il y a des Canadiens dans le système et que nous sommes bien vus. Entre temps, j’aimerais bien me rendre à des Championnats internationaux ou officier des matchs de la Frontier League (circuit professionnel indépendant) à Québec et à Trois-Rivières. »

Riche passé

Tanya Millette s’est vite fait un nom à la balle, lorsqu’elle a commencé dans le domaine.

« J’arbitrais déjà au hockey, quand Philippe Blain, de Laval, m’a demandé d’essayer aussi à la balle. Mon père, Stéphane Millette, se demandait si je pouvais faire la transition et m’imposer aussi à la balle. Je trouvais le défi intéressant. À ma première année, un entraîneur pee-wee B a décidé de me défier solidement : je l’ai expulsé aussitôt. Mon père a dit que je pourrais aussi bien faire à la balle », s’est-elle esclaffée de rire.

Et que pense-t-elle de certains grands penseurs des ligues majeures, qui veulent instaurer un système d’arbitrage par ordinateurs, pour déterminer les balles et les prises ?

« Je ne pense pas que c’est l’idéal. Certains arbitres s’inquiètent avec raison : ça dénature le sport. Ça enlève l’aspect humain. D’autant plus qu’il est prouvé que les arbitres sont efficaces, avec un taux de 90 % de bonnes décisions prises. J’espère qu’ils n’en arriveront pas là », a-t-elle achevé.

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