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Une surpopulation de dindons sauvages qui pourrait entraîner des soucis à court terme

Par Luc Robert

La reproduction rapide et le peu de prédateurs existants rendent les dindons sauvages de plus en plus envahissants dans plusieurs régions des Laurentides.

Il ne se passe pas une semaine sans que plusieurs sujets de conversations, sur les plateformes des médias sociaux, fassent état de multiples rencontres avec ces gros oiseaux, notamment à Saint-Sauveur et dans le secteur Bellefeuille de Saint-Jérôme, où ces derniers prennent leurs aises.

« Ils mangent de tout. Ils se sont adaptés à nos quatre saisons et comptent peu de prédateurs. En plus, la mère dinde sauvage verra environ 10 de ses 12 oeufs éclore et devenir des dindons. Leur multiplication progresse à vitesse grand V. On en aura de plus en plus dans nos territoires de banlieues », a prévu M. Jacques Boucher, trappeur depuis 33 ans.

L’ancien responsable des loisirs à la Ville de Saint-Jérôme a ajouté la chasse aux dindons sauvages à son palmarès, ces dernières années.

  « Les dindons sauvages sont devenus des machines de guerre. À Bellefeuille, en plus de sortir dans les rues le matin, il y en a même qui viennent se coucher sur les balcons de maisons privées. Et gare à ceux qui voudraient les déplacer: ils ont des ergots, sur le derrière des talons, qui tranchent comme des rasoirs, quand ils donnent des genres de savates avec leurs pattes. Et en plus, pour leur grosseur, ils volent très bien et se cachent dans les arbres », a-t-il décrit.

Cultivateurs impuissants

Malgré la mise en place d’un plan de gestion en 2016, le nombre d’individus augmente. Ces hausses des populations de dindons sauvages causent des conflits liés à leur présence, entre autres, dans les milieux agricoles.

« Quand un cultivateur perd ses semis, lorsque débarquent 30 dindons qui mangent toutes les semences, c’est moins drôle. Il y en a qui font jusqu’à 24 livres. Ils protègent bien leur nid et sont presque indélogeables. S’il n’y a pas de contrôles plus efficaces, on se dirige vers des problèmes avec les dindons sauvages », a-t-il évalué.

Chasse limitée

À la mi-parcours du plan de gestion (2016-2023), le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) a mis en place une chasse d’automne et de printemps, durant laquelle l’espèce peut être chassée dans les régions où les populations le permettent.

« Le MFFP a commencé par autoriser la chasse de deux mâles au printemps, puis une chasse expérimentale à l’automne, qui permet de tirer un seul individu (1 mâle ou 1 femelle). Les cultivateurs sont heureux de nous autoriser à chasser sur leur terres, mais avec ce nombre limité de dindons sauvages abattus et leur reproduction rapide, le contrôle de la population reste très difficile. Ça va trop vite. C’est dommage, parce que la viande est délicieuse, surtout la poitrine et les cuisses. L’oiseau est en liberté et il se nourrit bien.»

« La seule autre manière de les contrôler, outre la chasse, ce sont les coyotes, les renards, les ratons et les mouffettes, qui viennent tenter de manger les oeufs, au printemps. Mais ils sont souvent repoussés. »

Selon le vétéran des boisés, demain n’est pas la veille où on verra les populations décliner.

« Les biologistes disent que leur nombre n’est pas si pire ici. Mais je constate une hausse. Aux États-Unis, les dindons sauvages sont en baisse, mais les experts ne peuvent identifier la source de cette décroissance. »

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