(Photo : Claude Pelletier)
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Commotions cérébrales : Jennyfer Richer-Labelle revient en force

Par Luc Robert

Jennyfer Richer-Labelle revient de très loin. Sa carrière sportive a été menacée par deux commotions cérébrales qui ont eu des répercussions sur sa vie de tous les jours pendant près de sept ans.

« C’est toujours lors d’une chute anodine qu’arrivent les malheurs. Mon ancien partenaire et moi exécutions une manoeuvre, lorsque j’ai chuté et me suis cognée la tête sur la glace. Mon collègue m’est tombé accidentellement par-dessus, entraînant un autre choc à la tête », a-t-elle décrit.

La patineuse jérômienne avait à peine 15 ans, lorsque a subi une première commotion.

« Je n’avais aucun souvenir sur le fait. J’étais KO par terre. La suite a été difficile : j’ai perdu mes repères. Je me sentais comme un légume, dans le néant. Je ne répondais souvent pas aux questions de mon entourage, toujours dans la lune et avec l’unique goût de dormir. J’essayais de faire des devoirs d’école, et je devais lire quatre fois pour comprendre. Puis j’oubliais tout dans les minutes suivantes. »

Retour progressif

Des statistiques officielles soulignent qu’il survient environ 600 cas de commotions par 100 000 habitants. Cela représente un fléau, selon plusieurs experts dans le documentaire Pour garder toute sa tête, diffusé à Radio-Canada. Richer-Labelle a été l’une des athlètes invités à partager son expérience dans le documentaire percutant.

« Les sautes d’humeur, les étourdissements, me trouver dans la lune, la lumière et les sons qui m’affectent, les intenses migraines : ce sont tout autant d’éléments qui m’ont longuement affectés. Je suis presque rétablie. Voilà moins de deux ans que les grandes migraines se sont estompées, après cinq ans de montagnes russes. »

Ajouter à cela la pandémie, qui l’empêchait souvent de se faire justice.

« Juste revenir aux activités dites normales que je pratiquais, ça m’a pris au moins un an, avec les séquelles. Je suis revenue sur la glace doucement, en respectant et en identifiant les symptômes de récidives possibles. »

L’athlète salue les soins qui lui ont été prodigués.

« À l’hôpital de Saint-Jérôme, la division neurologique m’a été d’une grande aide dans ma réhabilitation. Les intervenants spécialisés m’ont bien traitée, bien que je n’étais pas toujours consciente des étapes franchies. Ils m’ont remise sur pieds. »

La partie ne sera peut-être toutefois jamais totalement gagnée.

« Il m’arrive d’avoir encore un déficit d’attention, lorsque les jours se prolongent. Mais si c’était à refaire, je recommencerais ma carrière en paire demain matin. Les gens croient que les duos sont les plus dangereux, car la partenaire est souvent lancée dans les airs. Je dirais que c’est encore moins sécuritaire en solo. En couple, mon compagnon et moi nous suivons. En simple, tu veux quelques fois pousser trop loin dans les éléments et tu sors de la routine. C’est souvent là que tu te blesses », a-t-elle pu expérimenter.

Études

Jennyfer Richer-Labelle achève des études collégiales en physiothérapie. Aider les athlètes dans leur remise en forme fait partie de son quotidien.

« J’achève mon DEC au Collège Montorency de Laval et mon dernier stage chez Physiothérapie Élite à Saint-Sauveur. Dépendant comment vont se présenter les choses, je vais faire un certificat, avec l’idée d’entreprendre éventuellement des études universitaires en médecine, possiblement à St.Georges University, à la Grenade, aux Antilles. J’ai toujours aimé aider les autres et comprendre le quotidien des athlètes. Je peux prévoir les choses avec mon vécu d’athlète », a-t-elle achevé.

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