(Photo : Courtoisie)
Jonathan Trudel tire sa révérence comme arbitre de la LHJMQ

Arbitrage : Jonathan Trudel accroche son sifflet après 20 saisons

Par Luc Robert

Après 776 matchs réguliers et 82 en séries éliminatoires à officier dans la Ligue de hockey junior Maritimes-Québec (LHJMQ), le Prévostois Jonathan Trudel arbitre Jonathan Trudel mettra un terme à sa carrière ce samedi 7 février au Centre Sport Rousseau de Boisbriand.

Trudel dirigera la circulation une dernière fois dès 16h, lors de la visite des Foreurs de Val-d’Or.

«Lors d’un dernier match en carrière , le protocole veut que l’on puisse choisir ses partenaires finaux. J’ai opté pour Pascal Saint-Jacques (ex-résident de Mirabel) en charge avec moi, ainsi que Nicolas Piché (Saint-Jérôme) et Maxime Chaput (Saint-Eustache) sur les lignes. Ce sont des chums avec qui j’ai apprécié arbitrer, comme avec la vaste majorité de mes collègues officiels», a-t-il lancé en entrevue entre deux arénas.

Trudel n’a pas fait les choses à moitié lors de son dernier tour de piste. Il a officié une partie vendredi soir dernier à Val-d’Or, où le juge de ligne Patrick Morin tirait aussi sa révérence après 26 campagnes. Après être revenu de l’Abitibi pour dormir quelques heures à Prévost, il a repris la route de l’Estrie, dimanche matin en compagnie de Simon Tartre et de Benoît Martineau, pour cette fois aller arbitrer une partie du Phoenix, au Palais des Sports Léopold-Drolet de Sherbrooke.

«C’est beaucoup de kilométrage, travailler dans le plus grand circuit junior au Québec. Tu développes une franche camaraderie à voyager avec les confrères. Ça devient plus qu’une partie de hockey : je vais m’ennuyer de nos échanges et fou-rires. Mais en demeurant superviseur d’officiels, je pourrai encore croiser les gars», a souligné le chandail zébré no. 23.

Trudel a été chanceux par moments, moins lors d’autres situations. Le 4 octobre 2020, il a évité d’attraper la COVID, malgré que 18 joueurs de l’Armada et du Phoenix couvaient le virus pendant une partie où il était en devoir. À une autre occasion, il a dû être opéré pour une appendicite.

«J’ai vécu des beaux moments, lors de matchs mémorables. Et bien évidemment, tu roules avec les risques, les blessures et quelques fois la maladie. Sur la glace, le jeu a évolué. Avant, c’était plus robuste dans le «Q» (LHJMQ). De nos jours, les habiletés sont devenues meilleures et la vitesse du jeu a progressé. Dans le temps, j’ai commencé avec une vingtaine de matchs à 3 officiels, soit l’ancien système d’arbitrage. À mes débuts dans la ligue en 2006, 40 % des parties étaient officiées à 4, ce qui est devenu la norme aujourd’hui», s’est-il souvenu.

À 47 ans, il entend se consacrer à sa vie familiale et son métier d’enseignant, sans délaisser le sport.

«Notre petit bonhomme Jacob, à ma conjointe Jessica (Bélisle) et moi, aura bientôt 7 ans. Je vais le diriger dans ses équipes. Je ne serai jamais très loin de la glace, surtout avec la patinoire Léon-Arcand à deux pas de chez-nous. On va perpétuer la tradition», s’est-il esclaffé.

35 années au total

Le chevalier au sifflet s’est mérité 17 sélections pour les séries éliminatoires, dont la ronde finale du trophée Gilles Courteau (ex-Coupe du Président). Il s’est aussi distingué aux séries Canada-Russie de 2016-2017 et de 2009 et 2010, à Chicoutimi et à Shawinigan.

«J’ai aussi aimé la classique hivernale de 2018-2019, à Dummondville. J’ai même côtoyé l’illustre Luc Lachapelle au tournoi Atome de Saint-Antoine. Mais le moment dont tout le monde me parle encore ? Ma chicane avec Patrick Roy devant les caméras, au Centre Vidéotron, alors qu’il dirigeait les Remparts (rires). Disons que je lui ai expliqué certaines subtilités du livre des règlements. Je ne l’ai pas revu depuis qu’il est reparti chez les pros. Peut-être qu’un jour on en rira autour d’un café», a repris celui qui a toujours fait preuve de caractère lorsque défié par les entraîneurs.

Et que souhaite-t-il à la prochaine génération de jeunes arbitres, qui seront aussi confronté à des nouvelles directives en saison 2026-2027, puisque le patron des arbitres de la LHJMQ, Richard Trottier, prendra également sa retraite du milieu.

«J’aimerais voir plus d’arbitres du Québec accéder à la Ligue nationale de hockey (LNH). Avec les Lions de Trois-Rivières (Ligue de la Côte-est) et le Rocket à Laval (Ligue américaine), nos jeunes ont moins besoin de s’expatrier aux États-Unis pour progresser. Sauf que la LNH a transformé sa stratégie de développement. Elle incite les anciens et vétérans joueurs de la LAH à se consacrer à l’arbitrage comme 2e carrière, dans un genre de fast track (voie rapide). Le parcours devient alors plus dur pour des jeunes arbitres québécois de carrière, pour se faire une niche chez les pros. J’aurais vu un talentueux arbitre comme Olivier Gouin monter dans le show. Le dernier d’ici à avoir monté, c’est Pierre Lambert en 2016. Ça fait longtemps.»

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