(Photo : Médialo - France Poirier)
Lucille Roy Danis a célébré 104 ans le 18 janvier dernier.   

Lucille Roy Danis : à 104 ans, fière, coquette et autonome 

Par France Poirier

Quand on entre chez madame Lucille Roy Danis à Saint-Jérôme, on découvre une femme fière, bien coiffée, rouge à lèvres et ongles manucurés, elle nous partage ses souvenirs d’une vie bien remplie.

Elle vit dans une résidence de personnes âgées. Elle est autonome, elle fait ses lavages, s’occupe d’elle. Elle va manger à la salle à manger de la résidence un repas par jour, mais elle fait son petit déjeuner et, pour le souper, elle se réchauffe un repas au micro-ondes.  Elle a deux ménages de compris par mois et, comme elle dit à part ça, elle ne veut rien.

« Il y a quelqu’un qui m’a demandé si je m’habillais seule. Certain que je m’habille seule. Je suis capable de faire mon lit et je fais mes lavages. »

Lucille Roy Danis a célébré ses 104 ans le 18 janvier dernier. Elle a vécu de nombreux changements technologiques depuis 1922. Elle a été comblée par une vie entourée d’amour et de beaux projets.

« J’ai une fille, trois gars. 4 petites-filles et 5 petits-fils ; 12 arrière-petites-filles, 4 arrière-petits-garçons. Un arrière-arrière-petit-fils et une arrière-arrière-petite-fille qui forment ainsi la 5e génération. »

Elle est devenue veuve à 68 ans. « Je ne me suis jamais remariée, j’avais peur de ne pas en trouver un pareil. J’ai eu un très bon mari. »

La technologie

Ce qu’elle retient le plus des changements, ce sont les appareils électroménagers qui ont changé sa vie. « Quand je me suis mariée, il y avait un bloc de glace dans la remise qui faisait office de réfrigérateur. Il n’y avait pas de moulin à laver. Je me souviens quand on a eu notre première machine à laver, j’ai sorti mon linge propre pour le mettre dans la laveuse tellement j’étais contente. C’étaient des machines avec des tordeurs », raconte-t-elle en riant. Puis il y a eu aussi la télévision. Ils étaient les seuls dans le secteur à en avoir une, troquée par son mari alors qu’il possédait un garage. C’était en échange de services.

L’Hôtel Pigalle

Lucille Roy Danis a connu, avec son mari Marcel Danis, les belles années de l’Hôtel Pigalle dans le secteur Lafontaine. L’Hôtel était situé en face de la Foccacia où l’on retrouve actuellement un stationnement. « On l’a eu pendant 10 ans, de 1957 à 1967. Toutes les vedettes venaient au Pigalle. À l’époque, c’était lors des spectacles qu’on voyait les vedettes, pas à la télévision », se rappelle Lucielle. Que ce soit Ginette Reno, les Jérolas (Jean Lapointe et Jérôme Lemay), Michel Louvain, Dodo (Dominique Michel) et Denise (Filiatrault), tous sont passés au Pigalle.

Elle nous raconte qu’il y avait deux spectacles le vendredi et deux le samedi.  « Les fins de semaine, les skieurs venaient, on mettait les tables, on faisait des pâtés chinois, du ragoût et on leur servait ça. Ce sont de beaux souvenirs. On avait une douzaine de chambres pour recevoir les artistes. Je m’occupais de faire les chambres et aussi du vestiaire », raconte-t-elle.

L’hôtel a été vendu l’année de l’expo en 1967 parce que son mari s’est fait opérer, et ne pouvait plus s’en occuper.

C’était une salle qui pouvait accueillir beaucoup de monde, environ 400 spectateurs. Elle en a vu des artistes. Elle se souvient avoir fait cuire un rôti de porc et que Dominique Michel était descendue à la cuisine et lui avait demandé de lui faire un sandwich avec ce qu’elle cuisinait et de lui servir un verre de lait, nous raconte Lucille en souriant. « Dominique Michel était très gentille. Ginette Reno et Michel Louvain étaient aussi très sympathiques. Lui, il ne fallait pas qu’il y ait un pli sur sa chemise et ses pantalons. Il était chic, gentleman, comme on dit », explique la centenaire.

Lucille a une vie bien remplie avec sa famille qui la visite régulièrement. Elle fait encore des mots croisés et lit des romans. Son secret, selon sa petite-fille, Marie-France c’est d’avoir été sociable, positive, entourée d’amour, elle en reçoit autant qu’elle en donne.  La maison familiale était un lieu de rassemblement où la bonne bouffe, le plaisir et l’amour étaient au rendez-vous.

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