(Photo: Facebook municipalité de Sainte-Anne-des-Lacs)
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Les impacts des pluies fortes sur nos plans d’eau

Par Marie-Catherine Goudreau

On a observé plus de pluie que la normale de saison durant les mois de juin et d’août cette année. Les villes ne sont toutefois pas adaptées pour gérer autant d’eau en si peu de temps. Cela provoque plusieurs conséquences sur les plans d’eau notamment. 

« Ce qu’on remarque surtout, c’est qu’il y a eu plus d’orages violents cette année dans les Laurentides », souligne Éric Chatigny, météorologue amateur et fondateur du site web Météo Laurentides qui existe depuis plus de 20 ans. Plus les orages sont violents, plus ils vont générer de la pluie, explique M. Chatigny. 

À Sainte-Agathe-des-Monts, il récolte les données de précipitations. Au mois d’août, il est tombé 176 mm de pluie, alors que la normale est de 113 mm. Même chose pour le mois de juin alors qu’il est tombé 163 mm, par rapport à la normale de 118 mm. 

Impacts sur l’eau 

Lorsqu’il y a une grosse quantité de pluie en même temps, comme on a pu le voir cet été, il y a plus de ruissellement et l’eau s’infiltre moins dans le sol. C’est ce qu’explique Mélanie Lauzon, directrice générale par intérim de l’organisme de bassin versant de la rivière du Nord, Abrinord. 

Au mois de juin, la municipalité de Sainte-Anne-des- Lacs a été touchée par de fortes pluies.

Au mois de juin, la municipalité de Sainte-Anne-des-Lacs a été touchée par de fortes pluies. (Photo: Facebook municipalité de Sainte-Anne-des-Lacs)

« Quand l’eau n’a pas le temps de s’infiltrer dans le sol, elle emporte plein de pollution avec elle, qui va se retrouver dans les cours d’eau », souligne Mme Lauzon. Également, le ruissellement peut engendrer plus d’érosion et donc plus de sédiments. « La qualité de l’eau sera donc moins bonne. »

Cette pollution amène plusieurs conséquences, comme de l’eau trouble et plus opaque. « Puis c’est nocif pour la faune aquatique », affirme la directrice générale. De plus, lorsque la quantité de pluie est trop grande en peu de temps, cela peut entraîner une surcharge des égouts. 

« Quand la capacité de la station d’épuration est atteinte, on va ouvrir les surverses. Ce qui veut dire qu’une partie de l’eau n’aura pas été traitée, mais elle finira son chemin dans un cours d’eau », ajoute Mme Lauzon. 

S’adapter

Avec les changements climatiques qui amèneront encore plus d’orages violents, il est nécessaire d’avoir plus d’infrastructures pour s’adapter à ces fortes précipitations. Mélanie Lauzon souligne que cela passe notamment par un plan d’urbanisation plus réfléchi pour diminuer le ruissellement. 

Il faudra aussi mettre à jour les réseaux d’égouts et les stations d’épuration pour augmenter leur capacité. « On espère avoir des investissements pour pouvoir régler ces problèmes », soutient Mme Lauzon. 

Certaines villes ont intégré des infrastructures vertes pour améliorer la gestion des eaux pluviales. Par exemple, la Ville de Saint-Sauveur va aménager un bassin de rétention au parc Camille-Michel. Ce dernier « permettra d’éviter les débordements, les inondations et l’érosion causés par les surcharges des réseaux hydrauliques lors de fortes précipitations », peut-on lire dans un article du Journal Accès en mars 2022.

Précipitations à Sainte-Agathe-des-Monts en 2022 

Juin : 163 mm (normale de 118 mm)

Juillet : 73,7 mm (normale de 119 mm)

Août : 176,1 mm (normale de 113 mm)Source : Éric Chatigny 

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