(Photo : Gracieuseté)

Agnès Grondin : une vie guidée par l’eau et le vivant

Par Louis-Philippe Forest-Gaudet

À l’occasion du Jour de la Terre, Agnès Grondin se raconte autrement. Derrière la personne élue, il y a une citoyenne profondément ancrée dans la protection de l’environnement.

« Je pense que c’est dans mon ADN », lance d’entrée Agnès Grondin. Avant les fonctions publiques, il y a d’abord un rapport intime au vivant.

Formée en biologie, puis en sciences de l’environnement à l’Université du Québec à Montréal, elle décrit un parcours façonné par la curiosité et le respect. « L’environnement, c’est une question de respect des organismes vivants. C’est une valeur de base pour moi. »

Après avoir exploré plusieurs disciplines scientifiques, elle trouve son équilibre dans les sciences de l’environnement. « On comprend la nature, mais on doit aussi travailler sur les comportements humains. C’est là que ça devient concret. »

L’eau comme fil conducteur

Dans les Laurentides, son engagement prend une forme très tangible. « Les deux enjeux les plus importants sur lesquels on peut agir concrètement, c’est la protection de l’eau et la protection de la nature. »

Elle rappelle que la région vit au rythme de ses lacs et de ses rivières. « Notre économie locale repose sur la nature et sur l’eau. C’est un besoin vital, mais aussi un moteur économique. »

Face aux changements climatiques, elle insiste sur l’urgence d’agir. « On voit de plus en plus d’inondations, de pénuries. C’est incontournable. »

Pour elle, la réponse passe par une vision globale. « Une usine de traitement, ce n’est pas suffisant. Il faut penser en termes de bassin versant, d’eaux souterraines, de long terme. »

Miser sur les citoyens

Un des éléments marquants de son discours reste la place accordée aux citoyens. « Ce qui est extraordinaire dans les Laurentides, c’est la mobilisation. »

Elle évoque les associations de lacs, les groupes environnementaux et la science citoyenne. « Les riverains sont les premiers à observer les changements. Leur implication est essentielle. »

Changer les comportements reste un défi de fond. « Comme pour la ceinture de sécurité, ça prend de la sensibilisation, de l’éducation, parfois des incitatifs. Mais surtout, il faut accompagner les gens. »

Un territoire à mieux connaître

Malgré les efforts, elle estime que le Québec peut aller plus loin. « On a une grande expertise, mais on travaille encore trop en silos. »

Elle plaide pour une meilleure intégration de l’environnement dans toutes les décisions. « Ce n’est pas juste au ministère de l’Environnement de porter ça. Ça doit être au cœur de tous les secteurs. »

Dans les Laurentides, un constat revient. « On connaît encore trop peu notre territoire. On prend des décisions sans toujours mesurer ce qu’on risque de perdre. »

Connecter la nature

Parmi les projets qui l’habitent, un se démarque. La connectivité des milieux naturels.v« Est-ce qu’on peut relier nos territoires protégés entre eux », demande-t-elle, en évoquant le travail d’organismes comme Éco-corridors laurentiens.

Elle imagine un territoire où il serait possible de se déplacer à travers des corridors naturels, du parc du Mont-Tremblant jusqu’au sud de la région. « On a un potentiel extraordinaire, mais il manque encore une synergie entre les acteurs. »

Garder espoir et agir

Dans un contexte où les enjeux environnementaux semblent parfois relégués au second plan, elle insiste sur l’importance de l’engagement individuel. « La protection de l’eau et de la nature, on peut poser des gestes très concrets. »

Réduire sa consommation d’eau, adapter son terrain, revoir ses habitudes. « Le cumul des actions, à l’échelle d’un territoire, ça fait une vraie différence. »

Elle appelle aussi à éviter le découragement. « Il faut donner de l’espoir. Si on veut que les gens embarquent, il faut valoriser ce qui fonctionne. »

Pour le Jour de la Terre, son message reste simple. « Chaque geste compte. Et ici, dans les Laurentides, on a tout ce qu’il faut pour faire mieux. »

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