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Elle peut enfin tourner la page

Par France Poirier

SENTENCE. La Jérômienne Gwendeline Rousson est âgée de 35 ans, mais son passage de l’enfance à l’âge adulte a été difficile, puisqu’elle a été victime d’agressions sexuelles de la part de l’un de ses oncles qu’elle aimait beaucoup.

Lundi matin, au palais de justice de Saint-Jérôme, elle se présentait une fois de plus pour mettre enfin un terme à ce sombre chapitre de sa vie qui l’a tant fait souffrir. Son oncle, son agresseur, Maurice Courcelles, un homme dans la soixantaine, se présentait pour recevoir sa sentence, ayant plaidé coupable à deux des cinq chefs qui étaient déposés contre lui.

Accompagnée de son père, d’un oncle, d’un ami et d’une cousine, c’est avec anxiété, mais la tête haute que Gwendeline affrontait son agresseur et c’est avec fierté qu’elle est ressortie du palais de justice. L’accusé venait de prendre le chemin de la prison avec une peine de 18 mois de prison ferme.

«Je voulais me libérer avant tout, j’ai entrepris cette démarche pour moi. Ma victoire c’est d’avoir enfin été crue et qu’il soit fiché délinquant à surveiller et qu’il n’ait plus accès aux mineurs sans surveillance. L’enquêteur au dossier, Benoît Huot a tenu à être présent pour soutenir Mme Rousson. «Je suis en arrêt de travail, mais c’est un dossier qui me tenait à cœur et je voulais être présent pour elle», a souligné le sergent détective.

«Personne ne me croyait»

Gwendeline a dénoncé son oncle lorsqu’elle était enfant, mais on ne l’a pas cru. Son père, Pierre Rousson vivait, au moment des événements, des situations difficiles. «J’avais deux entreprises, dont une qui était en difficultés et mon épouse, la mère de Gwen était malade depuis que la petite avait deux ans. Je devais envoyer la petite se faire garder chez ma sœur et mon beau-frère Maurice Courcelles pour accompagner ma femme à ses traitements à l’hôpital. Il était plus qu’un beau-frère, c’était mon ami, il avait toute ma confiance», souligne M. Rousson avec la rage au cœur. Comme la petite cherchait à attirer l’attention souvent, on n’a pas cru son histoire», ajoute le père. À un certain moment, elle a vu un psychologue, mais rien en est ressorti. »J’étais dans le déni, la dissociation», ajoute Gwendeline. Puis, avec le temps elle a enfoui ça au fond d’elle et n’en parlait plus jusqu’en octobre 2013 alors qu’elle a fait la rencontre de l’organisme CÉTAS et c’est là qu’elle a vraiment réalisé qu’elle était une victime d’un acte criminel, deux mois plus tard, elle portait plainte. «C’est lorsqu’il a avoué que mes proches ont réalisé que je n’avais pas menti. Aujourd’hui, je peux poursuivre ma vie tant bien que mal, mais à quatre ans on m’a tué», conclut Gwendeline Rousson.

Quatre enquêteurs en matière d’agressions sexuelles à Saint-Jérôme répondent à plus de 300 cas par année, selon le sergent détective Benoît Huot.

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