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"Je me considère comme un survivant…"-Marc Villeneuve

Par lpbw

Le caporal jérômien Marc Villeneuve, de la 2e brigade mécanisée de l’armée canadienne (quartier-général et transmissions) à Kandahar, l’a échappé belle lors de sa dernière mission en Afghanistan, alors qu’une mine anti-char d’assaut a explosé à moins de 25 pieds de son véhicule.

L’incident est survenu lors d’un déplacement entre deux camps du deuxième front, à moins de 25 minutes de l’arrivée à la base de destination. «Les déplacements sont toujours risqués entre les campements. Nous circulions dans notre véhicule blindé Bison, dans le dernier droit vers le point B, quand une explosion a détonné, après le passage des trois premiers véhicules de transport. Nous nous trouvions dans le 4e Bison. Personne n’a heureusement été blessé», a souligné le militaire de 39 ans.

C’est en jasant avec le conducteur de son blindé, quelques semaines plus tard, que le Jérômien a réalisé à quel point il a été chanceux de s’en tirer. «Depuis que j’ai conversé avec le conducteur du char, je me considère comme un survivant, rien de moins. On nous avait dit que la mine avait explosé à 500 mètres devant nous. J’étais assis à l’arrière du véhicule blindé et il est difficile de savoir ce qui se passe en avant. Le conducteur m’a avoué que l’explosion est survenue à… 25 pieds devant nous. Je comprends maintenant pourquoi tout le char vibrait!».

Un soldat

Bien qu’il soit un cuisinier qualifié de cinquième niveau, M. Villeneuve demeure avant tout un soldat. Il a eu droit à son tour d’observation dans les zones sensibles. «J’ai eu droit à mes tours d’observation, avec des jumelles. Le terrain est encore miné des guerres précédentes, dont celle contre l’ex-URSS. Je voyais des jeunes courir dans le désert, les pieds nus, sans trop se protéger. J’espérais juste qu’ils ne marchent pas sur une mine antipersonnelle. C’est souvent plus tard, quand les hostilités sont terminées, que surviennent des dommages collatéraux de ce genre».

Le caporal Villeneuve est fier d’avoir servi son pays outre-mer, pour un déploiement de six mois. Il est rentré au pays en août, pour les funérailles de sa mère. Le Jérômien ne devrait pas retourner en mission dans les douze prochains mois. Entre temps, il épousera le 30 août 2008 Sonia Sigouin, une infirmière-auxilliaire. Marc Villeneuve partage actuellement son temps entre la base de Petawawa, en Ontario, et sa résidence de Saint-Hippolyte. «Je suis fier d’avoir fait ma part parmi les 37 pays de l’ISAF (Force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan). Les gens croient à tort que nous sommes les plus engagés en Afghanistan, avec plus de 2 500 hommes. Nous sommes la 3e délégation en importance, derrière les Américains et les Britanniques».

Repas équilibrés

Ancien cuisinier aux restaurants Alcazar, Vieux-Duluth, Biggy’s, à la Vieille Athènes et au Mont-Gabriel, Marc Villeneuve a touché à plusieurs types de cuisine avant de se joindre aux Forces armées canadiennes. «En Afghanistan, nous étions 27 cuisiniers déployés à divers sites stratégiques. Sur les bases, un menu de style cafétéria est offert. Nous sommes soumis à des hauts standards de qualité, de sorte pour que les soldats puissent récupérer rapidement. Également, nous sommes aussi très soucieux des alertes aux allergies, au lactose par exemple. Quand les gars sont en devoir, ils ont droit à au moins un repas chaud par jour. En tant que cuisinier, nous sommes choyés: les gars veulent bien manger et ils s’occupent de nous aux petits oignons. Quand la mine a explosé à proximité de notre char d’assaut, ils sont tout de suite venu voir ma condition. Ce n’est pas juste pour cette raison, mais cela a aidé», a-t-il repris en riant de bon cœur.

Aux bases militaires, les cuisiniers évoluent pendant des quarts de travail de six jours, avant de bénéficier de trois journées de congé. Tout comme leurs collègues, ils sont astreints à quatre entraînements intensifs de soldat, dès 9h am, avant de revêtir le costume de cuisinier entre 11h et 19h. Un autre quart de travail se déroule entre 5h am et 14h. «Porter tout son équipement à 50 degrés celsius représente un défi. Je suis même allé préparer des mets dans une petite base de 50 personnes, entourée de Talibans. Après notre entraînement du matin, nous appliquons les hautes normes de qualité pour préparer les mets de la cuisine traditionnelle canadienne. Les menus sont confectionnés de manière à offrir un cycle de quatre semaines. C’est varié et les gars ne se «tannent» pas».

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