"Les familles se déplacent moins au cimetière pour visiter leurs proches"

| Par lpbw

Une affluence à la baisse au cimetière de Saint-Jérôme

MORT. Au fil des ans, l’affluence a diminué au cimetière de Saint-Jérôme qui est loin de manquer d’espace.

La popularité de la crémation au Québec explique en grande partie ce phénomène, croit Christine Beauchamp, administratrice du cimetière.

« Beaucoup de familles conservent les cendres de leur proche avec eux. Certains les envoient aux quatre vents ou dans une rivière. Les gens peuvent disposer des centres comme ils le veulent puisqu’il n’y a pas de loi qui encadre ça. Cette réalité n’entraîne pas une augmentation dans les cimetières», explique-t-elle.

Par ailleurs, cette année 75 % des morts ont été incinérés (au cimetière de Saint-Jérôme) et puis ont été mis sous terre ou dans le columbarium qui a été agrandi en 2013 pour répondre à la demande croissante.

Conséquemment, le manque d’espace n’est vraiment pas un problème.

« Avec l’incinération, les terrains sont plus petits. Le cimetière ne devrait pas se remplir avant 50-60 ans, peut-être plus», observe Mme Beauchamp.

Même si le nombre de décès augmentera de façon importante au cours des prochaines décennies et dépassera d’ici 20 ans le nombre de naissances au Québec, Mme Beauchamp ne s’emballe pas trop.

« La crémation a amené toute une autre dynamique».

Une génération "fast food"

En plus, les familles se déplacent moins au cimetière pour visiter leurs proches, remarque Christine Beauchamp. Celle-ci prend comme exemple la messe au cimetière le 2e dimanche de septembre qui attire beaucoup moins de monde qu’auparavant.

« Quand j’ai commencé il y a plus de 20 ans, les gens se stationnaient jusqu’à l’autoroute (lire le long de la rue De Martigny à partir du cimetière). Aujourd’hui, on ne voit pas ça», dit-elle.

L’administratrice tente une explication. « Les gens prennent moins le temps. Il y a aussi la question de la religion. Tout ça fait qu’il y a de moins en moins de circulation dans le cimetière».

« Nous sommes rendus à la génération "fast food", ajoute-t-elle. Les gens meurent, la famille appelle le salon funéraire, va au crématoire, revient, on enterre ou on garde les cendres. Et bien souvent, après l’inhumation on n’y retourne pas. C’est la mentalité aujourd’hui», se désole-t-elle.

Celle-ci souhaite qu’un jour une loi oblige les familles à traiter les cendres de la même manière que l’on traite les corps. De cette façon, nul doute que l’affluence dans les cimetières augmenterait.

La tendance inverse

Cimetière de Saint-Jérôme (depuis la fondation)

38 624 morts

29 929 cercueils

8 695 cendres

Cette année

455 morts (jusqu’à présent)

377 cendres

78 cercueils

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