| Par lpbw

«Un gouvernement obsédé par le développement du Québec» – Martin Coiteux

ÉCONOMIE. «On a hérité d’un gros problème, d’une grosse dette de plus de 200 milliards de dollars. Alors que fait-on pour redresser l’état des finances publiques? Que fait-on pour l’essor de notre économie? Pour être plus prospère, quand le déficit budgétaire est 7,2 milliards en 2015, un véritable dérapage?» lance Martin Coiteux.

Le ministre responsable de l’Administration et président du Conseil du Trésor était de passage lundi à Saint-Jérôme dans le cadre d’une tournée dans les régions qu’il a commencée il y environ un an. Il était, bien entendu, question du plan pour le redressement des finances publiques et de la relance économique du gouvernement Couillard.

C’est devant une soixantaine de personnes, élus, gens d’affaires, militants, que Martin Coiteux a réitéré, lors d’un déjeuner-conférence, la volonté de son gouvernement de redresser les finances publiques, et ce, coûte que coûte. Retour à l’équilibre budgétaire, allègement du fardeau fiscal, prospérité du Québec font partie des cibles que nomme M.Coiteux. Ralentir la croissance des dépenses, la révision des programmes, la révision des structures et des organismes dont réduire de 3% les effectifs de la fonction publique, font partie des moyens, explique-t-il.

Rappelons qu’avant d’être élu pour la première fois le 7 avril 2014, dans la circonscription de Nelligan (Montréal) Martin Coiteux a été professeur à HEC Montréal. Après presque 20 ans d’enseignement, il occupe à partir de 2012, le poste de représentant principal à la Banque du Canada pour la région du Québec.

Grand chantier

Revenant à la dette : «Il faut payer des intérêts là-dessus. L’argent que l’on met là coûte plus cher que tout l’argent que l’on met dans les écoles primaires et secondaires du Québec» met de l’avant M. Coiteux, prenant à témoin les gens du milieu scolaire présents dans la salle.

Ainsi, martèle-t-il, le gouvernement veut renverser la situation. « On a décidé concrètement de changer les habitudes. Dans les dix dernières années, les dépenses augmentaient de 4% par année. C’est trop, nos recettes fiscales augmentent moins vites que ça! » D’où l’objectif du gouvernement libéral: le ralentissement de la croissance des dépenses, « pour vivre à l’intérieur de nos moyens, c’est ce qu’on appelle notre grand chantier de rénovation de l’État».

Révision des programmes

Coiteux parle aussi de ses rencontres avec les représentants des centrales syndicales. «Un système qui fait augmenter les dépenses plus vite que les revenus est un système qui va craquer. Il faut changer le système. Vous rêvez de changer le système, nous aussi. Faisons-le ensemble!» leur a-t-il dit.

Comment procéder ? Tout d’abord par une révision des programmes. «Tous les ministères doivent faire des propositions», explique le président du Conseil du trésor. Un deuxième axe sera celui de la révision des structures et des organismes en réduisant leur nombre, « par exemple en fusionnant, comme le regroupement de la Commission administrative des régimes de retraite et d’assurances (CARRA) et de la Régie des rentes du Québec (RRQ).»

Enfin, troisième axe : la gestion des ressources humaines. Ce qui veut dire pour Coiteux : «Mieux gérer nos effectifs et la masse de rémunérations des employés du secteur public. »

«On veut régler le problème pour les 10, 15, 30 prochaines années », laisse entendre Coiteux précisant que le « contrôle des dépenses, ce n’est pas seulement pour le déficit budgétaire, c’est aussi pour remettre de l’argent dans la poche des citoyens ». Il met alors de l’avant l’abolition de la taxe santé.

Aussi compétitive

En plus de la réduction de la fiscalité des petites et moyennes entreprises, en faisant passer le taux d’imposition des PME dans le secteur manufacturier de 8 à 4% : « on est en train de faire la même chose avec les PME du secteur primaire. On va commencer à baisser le taux d’imposition général des sociétés, ce qui veut dire que si une entreprise s’installe au Québec, elle peut être aussi compétitive que si elle s’installe en Ontario », assure-t-il.

Enfin, il dit son gouvernement « obsédé par le développement du Québec. On veut ramener un cycle de prospérité, alléger le fardeau fiscal des citoyens et des entrepreneurs.»

Désiquilibre à corriger

Questionné par le Journal Le Nord sur le fait que le gouvernement Couillard prévoyait faire payer plus les personnes âgées dans les CHSLD alors que le gouvernement réduira son financement aux CHSLD, Martin Coiteux se veut rassurant : « quand on a un gel de tarif pendant plusieurs années, il se crée un déséquilibre qu’un jour on va devoir corriger. Le jour où on va le faire, on le fera de façon très modérée, de façon à ce que les gens soient capables de faire face ».

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