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Un étudiant dénonce la fin du service de transport adapté

Par lpbw

MIRABEL. Un résident de Saint-Canut atteint de paralysie cérébrale aura beaucoup de difficulté à se rendre à ses cours à l’Université de Montréal cet hiver.

En décembre dernier, Marc-André Laurier-Thibault a reçu une lettre du Conseil intermunicipal de transport des Laurentides (CITL) lui indiquant la fin du service de transport adapté hors territoire à cause des coupes budgétaires. Seules les personnes à mobilité réduite qui doivent se rendre à Montréal pour un rendez-vous médical auront désormais accès à ce service.

M.Laurier-Thibault, qui souhaite terminer un baccalauréat par cumul, utilisait le transport adapté les lundis et samedis depuis trois ans. Il digère mal la décision du CITL.

« Je peux comprendre qu’ils prennent cette décision si une personne va se faire couper les cheveux à Montréal, je comprends que ce n’est pas essentiel. Mais dans mon cas, je n’ai pas le choix, je dois poursuivre mes études à l’Université de Montréal», souligne le Mirabellois qui reproche au CITL de l’avoir informé de cette coupure de service à deux semaines de préavis alors que son horaire était déjà fait.

L’étudiant est déterminé à réussir dans la vie, mais il croit que cette décision du CITL lui mettra les bâtons dans les roues.

« Je ne peux pas travailler dans la construction ni dans un dépanneur. Si je n’ai pas de diplôme, je ne pourrai pas devenir un payeur de taxes, contribuer à la société et m’épanouir pleinement», explique l’étudiant de 33 ans.

Risque de chutes

Le jeune adulte, qui a de la difficulté à se déplacer à pied et doit quelques fois utiliser une canne, ne veut pas prendre le risque d’utiliser le transport en commun. « C’est difficile pour moi, je peux tomber, surtout l’hiver. Lorsque je fais une chute, j’ai beaucoup de difficulté à me relever», raconte-t-il.

Utiliser le taxi serait trop cher pour lui et il ne connaît personne avec qui il pourrait faire du covoiturage. « Il faudrait qu’on ait des cours à la même heure, au même endroit», observe M.Laurier-Thibault.

Devant une telle situation, il n’est pas resté les bras croisés. En plus de défendre sa situation au CITL, l’étudiant a appelé au bureau de la députée de Mirabel, Sylvie D’Amours et parler au maire de Mirabel Jean Bouchard.

Un appui de la députée D’Amours

Le trentenaire a reçu un bel appui de la députée D’Amours qui a décidé d’écrire une lettre au ministre des Transports Robert Poëti afin qu’il agisse dans ce dossier.

L’élue estime que le CITL doit faire une exception pour les étudiants à mobilité réduite qui veulent se rendre à Montréal.

« L’éducation et la santé, dans notre tête, c’est au même niveau, affirme Sébastien Lauzon, attaché politique de Mme D’Amours qui était à Denver vendredi pour un sommet sur l’agriculture. On en fait une priorité, c’est un investissement. Son objectif est d’avoir un emploi. Il ne faut pas mettre ça au même niveau qu’une personne qui va au centre d’achat».

M.Lauzon rapporte que le CITL a affirmé qu’il reparlerait de la situation au mois de mars lors du conseil d’administration. « À ce moment, la session universitaire sera pas mal terminée», déplore-t-il.

Pour l’instant, M.Laurier-Thibault, qui désire s’en sortir en décrochant un diplôme, doit trouver des solutions pour se rendre à l’université. Il sait toutefois qu’il devra manquer des cours à cause de cet arrêt de service.

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