Un an plus tard : on marche pour se souvenir de Gabie Renaud
Par France Poirier
Même si on est en pleine campagne électorale, des candidates et candidats de différents partis ont répondu à l’appel de Rachel Renaud, sœur de Gabie Renaud. On sait que Rachel est candidate pour la CAQ dans Bellefeuille, mais dimanche, c’était sa sœur qui était à l’avant-plan.
D’ailleurs, la première ministre sortante, Christine Fréchette, était présente, mais n’a pas fait de discours ni même répondu aux questions des journalistes. Elle était là par solidarité pour cet événement que l’on voulait apolitique.
« Ce n’est pas un événement de campagne. Comme la loi Gabie Renaud votée à l’unanimité à l’Assemblée nationale en juin dernier, cette marche est transpartisane. Les gens de toutes les allégeances politiques sont bienvenus », a rappelé d’entrée de jeu la sœur de Gabie, qui a remercié la première ministre Christine Fréchette de sa présence, le corps policier de Saint-Jérôme, les intervenants en violence conjugale, la Maison d’Ariane et l’association des personnes assassinées ou disparues.
« Si la voix de Gabie est éteinte, la mienne ne s’éteindra pas »
– Rachel Renaud
Un an jour pour jour après le féminicide de Gabie Renaud à Saint-Jérôme, le dimanche 27 septembre, près de 150 personnes ont marché pour ne jamais oublier. Après la mort de sa sœur, Rachel Renaud a décidé de transformer sa douleur en action. Elle s’est fait entendre par les médias et les réseaux sociaux avec Nancy Boucher, elle-même victime du présumé meurtrier de Gabie Renaud. Puis, c’est Ruba Ghazal, co porte-parole de Québec solidaire, qui a porté le message jusqu’à l’Assemblée nationale pour faire adopter la loi Gabie Renaud le 11 juin 2026 et qui s’appliquera à compter du 11 décembre 2026.
« Ce n’est pas terminé. Pendant que nous nous battons, la violence continue », a souligné Rachel Renaud, en rappelant qu’une femme de Montréal avait été tuée le 22 septembre, une 18e victime cette année. « Si nous sommes témoins de violence, nous devons agir. Si une amie nous confie qu’elle a peur, nous devons l’écouter. Si une collègue nous dit qu’elle est contrôlée, nous devons la croire. Arrêtons de demander aux victimes pourquoi elles ne sont pas parties. Demandons plutôt pourquoi l’agresseur a continué », a ajouté Rachel.
En s’adressant à sa sœur elle ajoute : « Ton histoire ne s’arrêtera jamais le 27 septembre 2025. »
« Si la voix de Gabie est éteinte, la mienne ne s’éteindra pas », a-t-elle ajouté. Nancy Boucher, ex-conjointe du présumé meurtrier, a pris la parole: « Une femme n’appartient à personne. Aimer quelqu’un ne donne aucun droit sur sa vie. Où est notre droit de vivre, d’être en sécurité, d’être protégées ? »
Plusieurs candidates et candidats présents
Des candidates présentes avec qui le Journal s’est entretenu étaient unanimes sur l’importance de s’unir pour cette cause. Candidate du Parti québécois dans Prévost, Anne Nguyen a souligné : « il faut faire plus d’efforts pour contrer la violence envers les femmes. Les féminicides, c’est inacceptable. C’est un moment pour se tenir ensemble. »
Orphée Dubé-Gervais, candidate de Québec solidaire dans Saint-Jérôme, a souligné : « Au-delà de la partisanerie, qui n’a pas sa place dans la lutte aux violences faites aux femmes, c’est le strict minimum d’être là. »
Même son de cloche du côté des candidates péquistes, Sandrine Michon (Saint-Jérôme) et Audrey Bujold (Bellefeuille). « C’était important pour moi d’être ici, tout comme j’y étais lors de la marche l’année dernière. C’est une cause que je soutiens. Toute violence est inacceptable », souligne Sandrine Michon. Audrey Bujold abonde dans le même sens. « C’est une cause importante. On est tous des humais et au-delà de la partisannerie, on doit être ici pour soutenir notre collègue de la CAQ. Je suis aussi présente avec mes trois jeunes filles. Je pense que c’est important pour nos filles qu’elles sont témoins de ces mobilisations pour la lutte contre la violence faites aux femmes. »
Carla Pierre-Paul, candidate caquiste dans Saint-Jérôme, a affirmé : « Il est important de soutenir cette cause. La violence faite aux femmes est inacceptable. Toute comme l’année dernière, c’est important pour moi de soutenir cette cause avec tous nos alliés dans notre belle région. »