(Photo : Photo Médialo - Alexane Taillon-Thiffeault)
Environ une centaine de personnes étaient présentes à la séance d’information.

Secteur Larry-Ball : Saint-Jérôme confirme sa volonté de développer la zone industrielle

Par Alexane Taillon-Thiffeault

La Ville de Saint-Jérôme maintient son intention de développer le secteur Larry-Ball, à Bellefeuille, et confirme que la vocation industrielle du vaste terrain boisé demeure au cœur de sa planification.

Lors d’une séance d’information tenue devant plusieurs dizaines de citoyens, le maire Rémi Barbeau a toutefois assuré qu’aucun projet n’avait encore été déposé et que tout éventuel développement devrait respecter d’importantes contraintes environnementales ainsi que les orientations du nouveau plan d’urbanisme.

La rencontre visait à présenter l’état actuel du dossier et à expliquer le cadre réglementaire qui encadre ce terrain de 52 hectares situé à l’ouest de la rue Larry-Ball. Le sujet suscite depuis plusieurs années des inquiétudes chez les résidents du secteur, particulièrement en ce qui concerne la protection du boisé, les nuisances potentielles et la circulation.

« On est vraiment au point zéro. Il n’y a pas de projet annoncé sur le site actuellement », a insisté le maire.

Une vocation industrielle qui date

L’un des principaux messages transmis par la Ville concerne l’historique du terrain. Selon les documents présentés lors de la soirée, le secteur Larry-Ball possède une vocation industrielle depuis les années 1970.

Crédit photo : Ville de Saint-Jérôme

Aujourd’hui, le zonage municipal autorise principalement des usages associés à l’industrie artisanale et à la logistique urbaine. Parmi les exemples cités par la Ville, il y avait notamment les boulangeries, chocolateries, ateliers d’artisans, ébénisteries, centres de distribution ou encore les condos industriels.

Le schéma d’aménagement de la MRC de La Rivière-du-Nord prévoit également une affectation industrielle pour le secteur, sans usage résidentiel.

Le maire n’exclut toutefois pas que d’autres catégories d’usages puissent éventuellement être étudiées. « Ce n’est pas impossible. Ça peut bouger. Il va falloir voir le projet pour le juger », a-t-il indiqué en entrevue après la rencontre.

Toute demande visant à modifier les usages actuellement permis devrait cependant faire l’objet d’analyses supplémentaires et être approuvée par le conseil municipal.

Des contraintes environnementales importantes

Selon les données présentées par la Ville, le site comporte plusieurs contraintes qui limiteront tout développement futur.

Le terrain a des milieux humides, des marais et des corridors écologiques qui relient différents massifs forestiers de la région. La réglementation impose également la conservation d’au moins 38 % de la superficie du secteur.

Une bande tampon minimale de 20 mètres doit être maintenue entre les propriétés résidentielles et toute activité industrielle. La Ville souligne aussi que l’accès au site demeure complexe en raison de sa configuration et des infrastructures routières existantes. Par exemple, l’accès serait impossible à partir des rues Laroche, Eugène et Aline, et serait possible seulement par la rue Larry-Ball.

Des citoyens inquiets

La période de questions a rapidement fait ressortir les préoccupations des résidents présents. Plusieurs citoyens ont dénoncé les nuisances déjà associées aux activités industrielles du secteur de la rue de Martigny, notamment le bruit, la poussière et la circulation de camions lourds.

D’autres ont exprimé leur attachement au boisé Larry-Ball, utilisé notamment pour la marche, la course, le ski de fond et la raquette. « Je trouve ça malheureux qu’on déforeste quelque chose qui est précieux pour aller marcher », a affirmé une résidente.

La sécurité routière, le trafic et le manque d’infrastructures pour les déplacements actifs ont également été soulevés à plusieurs reprises.

Un potentiel de revenus de 5 M$

Pour la Ville, l’intérêt du secteur Larry-Ball repose notamment sur son potentiel économique.

Selon les estimations présentées, le terrain génère actuellement environ 172 000 $ par année en taxes municipales. Un développement conforme aux orientations actuelles pourrait toutefois rapporter près de 5 millions de dollars annuellement.

Rémi Barbeau soutient que ces revenus permettraient de réduire la pression sur les contribuables résidentiels et de financer l’amélioration des infrastructures municipales. « Le nouvel argent qu’on va chercher, on veut le mettre sur les problèmes actuels pour améliorer la qualité de vie », a-t-il affirmé.

La Ville prévoit d’ailleurs réaliser une étude globale de circulation afin d’identifier les principaux enjeux routiers et les investissements prioritaires.

On a toutefois rappelé qu’aucun promoteur n’a encore présenté de projet et que plusieurs étapes réglementaires, environnementales et politiques devront être franchies avant qu’un développement puisse être autorisé.

Selon les estimations municipales, un délai minimal de deux ans serait nécessaire entre le dépôt d’un projet et le début de travaux sur le terrain.

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