Santé et politique : Sonia Bélanger veut poursuivre son « mandat hyperactif »
Députée de Prévost et ministre de la Santé, Sonia Bélanger dresse un bilan marqué par les aînés, le soutien à domicile, les écoles, l’hôpital de Saint-Jérôme et la pression électorale qui monte autour de la CAQ.
« Je considère que j’ai été hyper active », résume Sonia Bélanger, en regardant les quatre dernières années. Élue pour la première fois en 2022, l’ancienne PDG du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal affirme avoir vu la politique comme « une continuité » de son parcours dans le réseau public.
Vieillir autrement
D’abord ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, elle dit avoir voulu changer le regard porté sur le vieillissement. « Vieillir, ce n’est pas seulement être vulnérable », insiste-t-elle.
Selon elle, le Québec entre dans un virage démographique majeur. La ministre parle de 1,8 million de personnes de 65 ans et plus aujourd’hui, et de 2,3 millions en 2033. « C’est sûr que ça va toucher nos valeurs », dit-elle.
Dans Prévost, elle cite la maison des aînés comme un projet concret. Elle mentionne aussi le CHSLD L.-B.-Desjardins, à Saint-Sauveur, maintenant conventionné. « On vient de se donner des places plus accessibles », soutient-elle. Ainsi, les personnes hébergées y paient selon les mêmes règles que dans le réseau public.
Le domicile d’abord
Le soutien à domicile occupe aussi une grande place dans son bilan. Sonia Bélanger rappelle l’adoption d’une politique nationale sur le sujet. « On ne peut pas avoir un impact sur le soutien à domicile en travaillant seulement par le système de santé », affirme-t-elle.
Elle insiste donc sur le rôle des CLSC, des entreprises d’économie sociale, des centres d’action bénévole et des proches aidants. Dans sa circonscription, elle dit avoir « un gros coup de cœur » pour les CLSC de Saint-Jérôme et de Sainte-Adèle. « Les gens me disent qu’ils ont de bons services de soutien à domicile, qui sont réactifs. »
« Je continue à dire qu’on a un des plus beaux systèmes de santé au monde. »
– Sonia Bélanger
Des chantiers régionaux
Sur le plan local, la députée énumère plusieurs dossiers. Elle cite l’école primaire de la Montagne, à Saint-Sauveur, ouverte en septembre 2025. Elle parle aussi de la future école secondaire à Prévost, un projet de 226 M$ attendu pour 2028.
En santé, le grand dossier reste l’Hôpital régional de Saint-Jérôme. Québec a confirmé un investissement de près de 550 M$ pour sa modernisation. « Le statu quo n’est pas possible », tranche Sonia Bélanger. La première phase vise notamment le bloc opératoire, la chirurgie d’un jour, la stérilisation, les laboratoires et la pharmacie.
Un réseau sous pression
Devenue aussi ministre responsable des services sociaux à la suite du départ de Lionel Carmant, en octobre 2025, elle hérite en décembre dernier du ministère de la Santé lorsque Christian Dubé quitte. Sonia Bélanger se dit néanmoins « très satisfaite » de l’état du réseau. Elle reconnaît que tout ne fonctionne pas parfaitement. Cependant, elle estime que les investissements, les ententes avec les médecins et la réduction du recours aux agences ont permis de bouger. « Je continue à dire qu’on a un des plus beaux systèmes de santé au monde. Puis il faut travailler sur les choses qui ne fonctionnent pas. »
Elle mise notamment sur les cliniques publiques d’infirmières praticiennes spécialisées et sur les pharmaciens. « Les IPS et les pharmaciens, c’est ça qui va faire la différence », croit-elle.
La CAQ en renouveau
L’entrevue a aussi pris un détour politique. Plusieurs personnes élues de la CAQ ne brigueront pas un autre mandat. Sonia Bélanger n’y voit pas un effondrement. « C’est normal qu’il y en ait qui sont rendus ailleurs », dit-elle. « Si la CAQ souhaite créer un parti de renouveau, il faut que certains laissent leur place », ajoute-t-elle.
Au cours de l’entrevue, le journal lui apprenait que l’actuel ministre de la Culture, Mathieu Lacombe, ne serait pas candidat en octobre prochain. De fil en aiguille, la discussion a bifurqué sur l’annonce, quelques jours auparavant, du ministre Jean Boulet. On sait que celui-ci avait vécu des moments difficiles et son annonce avait été très émotive. Madame Bélanger n’a pu retenir quelques larmes en parlant de la situation de son confrère.
Elle affirme vouloir se représenter dans Prévost. « J’ai encore soif », lance-t-elle. Même si elle avait appuyé Bernard Drainville dans la course à la chefferie, elle assure être maintenant loyale à Christine Fréchette. « On a une cheffe, la locomotive, puis moi je pousse la locomotive. »
Pour Sonia Bélanger, le prochain rendez-vous électoral devra donc se faire entre bilan et renouvellement. « Si on veut un renouveau, il faut être un renouveau », conclut-elle.
Avec la collaboration de France Poirier | fpoirier@medialo.ca