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Quel est l'avenir des centres de désintoxication?

Par lpbw

ENTREVUE. Bien que Portage n’ait pas les mêmes sources de financement que d’autres centres, privés et communautaires, comme Mélaric qui vient de fermer, Gilles Cuillerier, le directeur du centre de réadaptation en toxicomanie de Portage à Prévost nous confie que «dans le contexte actuel» il y aura toujours des inquiétudes quant au maintien des services et de leurs ressources.

Explication

«Il y a deux catégories de ressources en traitements de toxicomanie au Québec, nous explique-t-il. Des ressources publiques affiliées au ministère de la Santé et des Services sociaux et des organismes privés et communautaires qui font de l’hébergement».

Et, dans les Laurentides, il y a deux centres de réadaption en dépendance dont le financement provient directement du ministre de la Santé, le Centre André-Boudreau (Centre de réadaptation en dépendance des Laurentides) et Portage, un centre de réadaption en dépendance, privé, conventionné, dont les services sont gratuits

Il ajoute:« Il y a six ressources privées et communautaires dans la région qui, eux, ont un mandat uniquement d’hébergement. Mélaric (le centre de toxicomanie Mélaric de Saint-André-d’Argenteuil) en fait partie. Ce n’est pas le même type de ressources. Une bonne proportion de ces ressources-là est financée directement par des individus. Et quand c’est une clientèle en provenance de l’aide sociale, c’est en partie avec le chèque de la Sécurité du revenu qu’il est financé, alors que nous, on est financé par le ministère de la Santé.»

Ça fait bientôt 44 ans que Portage est dans les Laurentides. Premier centre de réadaptation en résidence fondé sur l’approche de la communauté thérapeutique, il a ouvert ses portes le 14 février 1973 à Prévost. Il accueille le programme pour adultes et pour adolescents. «Ce qui distingue le Portage du chemin du lac Écho, c’est que c’est ici que tout a commencé! Il a été un peu l’incubateur pour les autres centres à travers le Canada et le Québec», nous indique Gilles Cuillerier. Le centre dispose de 168 lits.

Quel avenir?

Êtes-vous inquiet quant à l’avenir de Portage? «Dans le contexte actuel du Québec, personne n’est assuré! Mais on n’est pas touché par les modifications aux allocations ni par l’injection du 6 millions de dollars », nous répond le directeur.

« Il y a toujours cette inquiétude à savoir si on va pouvoir maintenir notre accessibilité à nos services, car il faut savoir que, dans le financement accordé aux ressources en toxicomanie de façon générale, ce secteur est reconnu comme étant sous-financé par rapport à l’impact de ce traitement-là et à ce qu’il apporte à la société».

« Quand on regarde que chaque $ investit dans le traitement de la toxicomanie permet d`économiser entre quatre et dix $, c’est un investissement! » précise M. Cuillerier.

On rappelle que la réforme en vigueur depuis le 1er mai dernier a fait passer de 747 $ à 200 $ par mois l’allocation des prestataires d’aide sociale qui séjournent dans des centres de désintoxication. Fin janvier, après la fermeture du centre Mélaric, le gouvernement Couillard a octroyé une aide de près 6 millions $ aux centres de désintoxication de la province.

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