| Par lpbw

« Où est-ce que ces jeunes vont aller? » – Jennifer Cooke

SAINT-JÉRÔME. L’organisme Ici par les arts risque de fermer ses portes. Un organisme avec un rôle essentiel dans la communauté, depuis 1998, et qui est une référence confirmée auprès d’autres organismes du Québec en matière d’art communautaire, un chef de file en art éducation, en art social et en médiation culturelle.

La raison? Une subvention attendue de 400 000 $ du programme fédéral du programme Connexion compétences de Service Canada ne leur pas été accordée. L’organisme avait déjà réalisé six projets avec les jeunes grâce à ce programme. Une rencontre de la dernière chance se tiendra le 11 novembre prochain avec les partenaires pour essayer de trouver une solution.

Selon la directrice de l’organisme, Jennifer Cooke, Ici par les arts permet de « sauver beaucoup d’argent au gouvernement » et le besoin dans la communauté est plus grand que jamais parce que de plus en plus d’organismes sont coupés. « On était une des seules places à recevoir le monde. On a des centaines de jeunes qui passent chez nous chaque semaine, en plus des services qu’on offre dans les écoles. »

« Ma peur c’est : où est-ce que ces jeunes vont aller? Je pense qu’on sauve au moins six jeunes du suicide par année. Si tu parles de six vies que tu vas perdre, est-ce que tu es capable de dormir? De plus, les jeunes vont commencer à trainer dans les parcs, faire des graffitis illégaux. Ici, ils en faisaient de manière légale. Ça va coûter au moins 50 000 $ par année d’enlever les graffitis. Les jeunes plus criminels vont tomber dans les gangs. Un jeune dans un Centre jeunesse coûte 100 00O $ par année. Tout ça va coûter cher à la société. »

Jennifer nous explique que si leurs jeunes sont en crise – et on faisait de la prévention de crise en santé mentale – ils sont maintenant obligés d’aller à l’hôpital « et le système est déjà débordé. »

Situation de crise

L’édifice est à vendre, l’organisme a des dettes. « Le problème, quand tu es en survie, c’est que tu cours après les feux et tu ne peux pas mettre de l’énergie dans le développement. Du côté du financement provincial, c’est la panique. »

Jennifer Cooke nous explique qu’ils sont le seul organisme dans un quartier pauvre d’une des villes les plus pauvres du Québec. Elle nomme également la présence de la prison à Saint-Jérôme, qui amène une clientèle plus fragilisée.

« Et je reçois beaucoup de jeunes avec des problèmes de santé mentale, dans la journée, ils ne peuvent pas travailler, ils viennent chez faire des activités artistiques et ça leur donne une raison d’être et, après, quelquefois, ils sont capables d’aller chercher un petit travail. On a des réussites. Et s’ils n’ont rien la maladie empire et, là, peuvent arriver les problèmes de toxicomanie. C’est un cercle vicieux. Chez nous, ils ne peuvent pas consommer, ils font autre chose comme jouer de la musique, créer, parler. »

Si l’organisme ne trouve pas l’argent bientôt, leur situation va devenir très difficile. Le personnel est déjà réduit. « On est dans un état de crise. On a présenté un dossier aux conseillers municipaux, mais ils ont passé le dossier à la CRÉ, qui ne peut rien. M. Péladeau (Pierre Karl, député de Saint-Jérôme) nous aide à trouver un ministère un port d’attache, nous n’avons pas de subvention récurrente. Il nous a aidé un peu financièrement ».

Ironie du sort, Jennifer Cooke devait partir à la fin du mois au Maroc pour parler du travail que fait Ici par les arts « alors qu’on va peut-être fermer! »

Pour le moment l’organisme cherche de l’argent pour avoir le temps de trouver une subvention

Le ministère de la Culture est maintenant dans le dossier et le Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec (ROCAJQ) les aide.

« Le député fédéral Pierre Dionne Labelle est dans le dossier, mais je n’ai pas eu de nouvelles. » , nous dit Jennifer Cooke.

Le plus important pour elle, et ce pour quoi elle continue d’y croire, c’est lorsqu’elle voit tous les changements chez les jeunes, « c’est pour cela que je vis! »

Il lui arrive de penser que la solution ultime pour sauver l’organisme soit qu’« un mécène arrive avec la même vision que nous et nous aide. »

Invité à réagir Stéphane Maher le maire de Saint-Jérôme pense que la situation est plus sérieuse qu’on pouvait l’anticiper « Ils ont des problèmes financiers assez sérieux et ils ne sont pas en mesure de dire la nature de leur déficit. Je leur ai dit qu’on était prêt à les aider, mais on veut connaitre l’ampleur de leur déficit et de leur problématique. On pense qu’ils doivent dans des dizaines de milliers de dollars peut-être des centaines de milliers de dollars".

Le 11 novembre 2014, la rencontre se déroulera au Conseil de la culture des Laurentides de Saint-Jérôme. Nous avons appris que la CSN, le CLD, le ROCAJ, la CRÉ, le CCL, la Ville de Saint-Jérôme, le député de Saint-Jérôme, la commission scolaire, sont parmi les partenaires invités.

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